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Et
pour quelques Westerns de plus...
L'origine
Le western est né
en même temps que le cinéma, ou presque. En effet, le premier
western authentifié (ou admis comme tel) est The Great Train
Robbery, de Edwin S. Porter, réalisé en 1903, et qui dure 9
minutes. Mais jusque dans les années 20, le mot western ne
désignait pas en particulier un genre cinématographique. La
constitution du genre proprement dit s'est effectuée
progressivement. Dès le début, toutefois, les plus grands
cinéastes américains, comme David Wark Griffith, réalisèrent
des westerns.

La
grande
époque
Mis à mal
temporairement par l'arrivée du parlant, le western revient en
force à la fin des années 30. L'invention de la couleur assure
son succès définitif. La prépondérance du western à Hollywood
ne sera alors plus démenti durant de longues années, d'autant
que de fabuleux auteurs comme John Ford associent leurs noms au
mythe de l'Ouest.
Les années 50
restent une décennie à part, où le genre atteint son apogée,
un certain classicisme flamboyant voyant se succéder les chefs
d'oeuvre : La rivière sans retour, La prisonnière du désert,
Rio Bravo, les Affameurs... De plus, pour la première fois, on
assiste à un début de prise de conscience du problème indien.
Le Cinémascope, que personne n'a mieux exploité que John Ford,
magnifie les paysages de l'Ouest.
Maturation et Déclin
La fin des années
50 et les années 60 vont voir le genre changer profondément.
Plus violent, plus sombre, plus réaliste, plus soucieux de la
véracité historique face à la légende et conscient qu'une
bonne part de cette légende s'est construite sur la violence et
le meurtre (L'homme qui tua Liberty Valence). Dans le même
temps, l'attrait du western au cinéma s'essouffle. Petit à
petit, la télévision l'étouffe en proposant de nombreuses
séries de westerns (Gunsmoke, Maverick, Au nom de la loi, Rawhide,
Bonanza, le Virginien, les Mystères de l'Ouest.... pour les plus
célèbres.). De plus, l'Amérique, en proie au doute et divisée
par les problèmes politiques liés notamment à l'engagement au
Vietnâm, ne se reconnaît plus dans le western classique et sa
propagande naïve et triomphante.
Enfin l'arrivée
des européens, surtout italiens, finissent de dénaturer le
western classique. Le western dévient alors série B ou Z, sauf
exceptions comme dans le cas du génialissime Sergio Leone.
Le western
hollywoodien meurt peu à peu. Paradoxalement, dans le même
temps, son intérêt croît : la vision des derniers réalisateurs
sur l'histoire de leur pays étant de plus en plus critique. C'est
le moment de la dénonciation (Soldat bleu réalisé en
1970 par Ralph Nelson ou Little Big man d'Arthur Penn en
1971) ou du western crépusculaire, sauvage et ultra violent de
Sam Peckinpah. On ne magnifie plus l'Ouest. On le montre dans
toute sa crudité.
De beaux restes
Depuis, les
sursauts du genre sont périodiques, alternant le bon (Wyatt
Earp de Lawrence Kasdan) et le ringard (Les Belles de
l'Ouest, à éviter d'urgence).
Mais seul Clint Eastwood continue une carrière
d'acteur-réalisateur
centrée sur l'Ouest. Il a su à travers ses films marier toutes
les tendances, américaines et européenes, pour construire une
oeuvre forte et pleine de sens, à mi chemin entre la légende
hollywoodienne et le réalisme des années 70, dont
l'aboutissement est le fabuleux Impitoyable.
Voici à
présent un choix de quelques films qui sont des grands classiques
(au moins pour nous !). Aucun n'est plus ancien que les années 50
: ce sera plus facile à se procurer au cas où vous voudriez les
voir (ou les revoir)...
High Noon (Le
train sifflera trois fois), 1952.
Admirons au passage
la finesse de la traduction française du titre original !
L'histoire de ce sheriff courageux qui décide malgré tous les
avis et la lâcheté des habitants de sa ville de rester pour
combattre quatre criminels revenus se venger, est devenu un
classique parmi les classiques, Gary Cooper décrochant l'oscar
pour son interprétation du sheriff Will Kane. Pourtant, le film
fut critiqué, notamment par John Wayne, qui le trouva «anti
américain» (un bon point pour le film, donc !). Il est vrai que l'histoire
montre crûment la lâcheté s'emparant de toute une communauté,
où la loi s'efface face à la peur. Le scénariste y voyait la
dénonciation de la chasse aux sorcières que subissait Hollywood,
qu'on laissait faire par peur. Gary Cooper y paraît déjà usé,
préfigurant les héros désabusés de la décennie suivante, et
finit le film en jetant dans le sable son étoile de sheriff...
Le film est de plus
magnifiquement mis en scène. Utilisant le principe du temps
réel, Fred Zinnemann fait lentement monter le
suspens, jusqu'à la fabuleuse scène de l'affrontement final.
L'image de Gary Cooper seul dans les rues de Hadleyville dont
toutes les portes se sont fermées reste légendaire...
The Searchers (La
prisonnière du désert), 1956.
Sans doute le plus
grand rôle de John Wayne, absolument admirable dans ce film
mythique de John Ford. Longue poursuite de 7 années après une
bande d'indiens coupables de l'enlèvement d'une gamine blanche,
le film est une parabole sur la solitude et l'acharnement d'un
homme, en l'occurrence Ethan Edwards, qui va, année après
année, continuer sa recherche de la petite Debbie. Une quête
dont l'issue est bien trouble : Edwards laissera t'il vivre la
jeune femme, devenue indienne par la force des choses ?
Non seulement le
film est d'une beauté hallucinante (le cadre magnifique de
Monument Valley, si cher à John Ford), mais il explore également
des voies inhabituelles auxquelles tenaient beaucoup l'auteur.
Chez Ford, les indiens sont des êtres fiers, inspirant le respect. Ce qu'il veut
montrer, c'est l'incompréhension mutuelle et l'escalade de la
violence qui condamne les deux peuples à se haïr. Bien sur, le
chef indien est responsable de la mort de la famille Edwards, mais
on apprend que les blancs ont tué ses enfants. Ethan massacre de
façon gratuite des bisons pour contribuer à l'anéantissement
progressif des indiens. On croise des soldats, appartenant au
7ème de cavalerie de Custer, qui chantent de manière guillerette
après avoir perpétré le massacre d'un
village indien. Film profond, la prisonnière du désert est une
oeuvre majeure de John Ford, et du cinéma tout court...
Rio Bravo, 1959.
John T Chance est
le sheriff de Rio Bravo, une petite ville. Il met en prison pour
meurtre Joe Burdette, dont le père, puissant propriétaire
terrien, va tout faire pour le libérer. Pour l'aider, John n'a
que son adjoint, Dude, devenu alcoolique, et le vieux Stumpy. La
ville est pleine de menaces, et la prison devient une sorte de
camp retranché.
Bourré d'humour et
scènes « culte » (Dean Martin et Ricky Nelson poussant la
chansonnette dans la prison), Rio Bravo a forgé de véritable
stéréotypes (le vieil adjoint, la ville aux mains des méchants
où seul résiste le sheriff). Howard Hawks magnifie une mise en
scène volontairement classique, qui prend son temps. Rio Bravo
est aussi l'antithèse du Train sifflera trois fois. Hawks ne s'en
cachait pas : il n'aimait pas le film avec Gary Cooper, partageant
en cela l'avis de John Wayne. D'ailleurs, le sheriff de Wayne n'a pas peur, et
refuse de l'aide au lieu de la demander. La réponse est claire...
Hawks reprendra les mêmes archétypes et la même histoire, en
remplaçant simplement Dean Martin par Robert Mitchum en 1967,
pour El Dorado. Rio Bravo est devenu un véritable classique,
plusieurs fois remaké, notamment par John Carpenter dans Assault.
Les 7 mercenaires
(The Seven Magnificent), 1960.
Les 7 mercenaires
sont devenus des icônes mythiques du Western. L'histoire est on
ne peut plus simple : des villageois mexicains, harcelés par la
bande de Calvera, recrutent 7 américains pour les défendre. La
musique du film, par exemple, est connue de tout le monde ou
presque.
Et puis surtout,
chaque personnage est formidablement bien typé, et servi par une
interprétation très bien choisie. Yul Brynner et Steve Mc Queen,
hommes d'action d'élite mais avec des principes, Horst Buchholz
en jeune pistolero avide de reconnaissance par les « siens »,
Robert Vaughn en tireur d'élite sur le retour... et puis Charles
Bronson monolithique, James Coburn taciturne.
L'autre grande
réussite du film, outre des scènes d'action très excitantes,
c'est d'avoir réussi à transposer d'une manière qui paraît
complètement naturelle une histoire japonaise. Le film est en
effet le remake des Sept Samouraïs de Kurosawa. Preuve que les
bonnes histoires et les thèmes intéressants sont universels et
dépassent les différences culturelles.
L'homme qui tua
Liberty Valence, 1962.
Le sénateur Ransom
Stottard (James Stewart) revient à Shinbone pour l'enterrement
d'un vieil ami, Tom Doniphon (John Wayne). Stoddard doit sa
carrière et son renom à la légende qui fait de lui « l'homme
qui tua Liberty Valence », un truand qui sévissait à Shinbone.
Stoddard profite alors de l'occasion pour essayer de rétablir la
vérité. Incapable de tenir une arme, le jeune juriste aurait
été proprement abattu par Valence si Tom Doniphon n'avait pas
tué le bandit. Malheureusement, la légende est tenace et
Stoddard restera l'homme qui tua Liberty Valence.
Ce film est en fait
une réflexion politique de John Ford, qu'on pourrait rapprocher
du dernier western en date d'Eastwood, Impitoyable. L'histoire, tournée
en flash-back est poignante, permettant à Ford une réflexion sur
le poids de la légende. Les héros qui ont construit l'Amérique
l'ont fait par la violence, le meurtre. Stoddard sait qu'il doit
sa carrière, l'amour même sa femme, au fait qu'il ait tué un
homme, alors qu'il n'était épris que de justice et de paix.
C'est un très beau film, nostalgique et triste. John Wayne est
sobre et émouvant dans le rôle de Doniphon.
La Horde sauvage
(The Wild Bunch), 1969.
Peckinpah n'a
jamais fait dans la dentelle. Son credo : montrer la violence dans
toute son horreur pour la dénoncer. Les héros du film, Pike
Bishop et ses complices, forcés de fuir au Mexique, sont
d'authentiques ordures. Peckinpah ne leur trouve pas de
circonstances atténuantes : on les voit tuer des femmes ou des
enfants.
La scène finale
atteint un paroxysme de violence rarement égalée sur un écran
de cinéma. Anachronismes vivants (le film se déroule en 1913),
pourchassés de toute part, les membres du gang trouvent une
dernière motivation dans le massacre d'une garnison mexicaine qui
terrorise un village. C'est un véritable suicide, et il ne
restera plus personne debout dans la place du village à l'issue
du sanglant règlement de comptes.
Bien sur, le film a
choqué : la violence est crûment montrée, accentuée encore par
les ralentis et les impacts sanguinolents. Pour autant, Peckinpah
n'est pas complaisant : il voulait montrer la réalité de l'Ouest
et en avaient marre de voir des pistoleros se « conduire en
gentlemen ». Les forces de l'ordre (principalement des chasseurs
de prime) sont d'ailleurs aussi ignobles que les truands. Encore
aujourd'hui, c'est un film qui n'a pas perdu de son intensité et
de sa puissance.
High plains
drifter (L'homme des hautes plaines), 1973.
L'Homme des Hautes
Plaines est le second film de Clint Eastwood en tant que
réalisateur. Et c'est un coup de maître... Clint Eastwood use et
abuse de son personnage de cow-boy solitaire, ironique, grinçant
et dérangeant, déjà solidement développé dans les films de
Sergio Leone, en faisant un archétype sans autre justification
que sa présence...
Mais si ce personnage semble archi-connu, peu à peu s'instaure une ambiance
malsaine : l'Etranger, comme on l'appelle, va demander aux
habitants de repeindre leur ville en rouge, nommer un nain au
poste de shérif, rebaptiser « Hell » la ville de Lago.... Tout
cela pour débarrasser Lago de 3 malfrats que la ville redoute et
qui ont autrefois tué le shérif Duncan.
A travers ce film,
Eastwood reprend un des thèmes chers aux westerns classiques,
celui d'un homme seul face à une ville complice, corrompue et
lâche pour y apporter une dimension quasi fantastique. Sorte d'ange de la mort; il paraît lui-même indestructible.
Il s'évertue à saper le peu d'autorité présent dans la ville,
à détruire les conventions et défaire les couples pour
finalement humilier la ville et ses habitants
L'Etranger veut en
effet
détruire le véritable ennemi du village qui coûta la vie au
sheriff précédent : l'hypocrisie et la lâcheté de ses propres
habitants. Le personnage de Clint Eastwood n'est ici que pour
enclencher l'inévitable et faire expier aux villageois leurs
fautes. Il les renvoie devant leurs propres responsabilités et
parvient à offrir un nom sur la tombe du seul représentant
honnête et droit : le shérif Duncan assassiné par la lâcheté
des habitants.
The
Outlaw
Josey Wales (Josey Wales hors la loi), 1976
Il s'agit là d'un
film incontournable car Clint Eastwood nous offre, avec ce film, toute une
page de l'histoire américaine : celle de l'après-guerre de
Sécession. C'est avec cette histoire d'un hors-la-loi
irréductible et solitaire, que la vengeance a fait choisir
d'intégrer une milice sudiste, que Clint Eastwood va découvrir
pour le spectateur ce que fut le Far West : une fuite en avant
pour une partie des Américains encore choqués et abasourdis de
la guerre civile fratricide qu'ils se sont livrés à eux-mêmes.
Avec Josey Wales, Clint Eastwood nous montre tous les aspects du
Far West et ne nous omet absolument rien de la décomposition de
l'Amérique : la brutalité des milices de tous bords, les
trahisons normalisées par la reddition des vaincus sudistes et
l'inévitable violence qu'occasionne la démobilisation des
combattants, les Indiens bafoués, le microcosme
violent et sordide des avant-postes des trappeurs et des villes
frontières, la cupidité des chasseurs de primes ou de tous ceux
qui croient à tort pouvoir sortir leur épingle du jeu, la
désillusion des bourgades autrefois prospères, l'inconscience
mais aussi l'espoir un peu naïf qui anime les pionniers à la
découverte de l'Ouest...
Dans cette
initiation au Far West qui n'est encore qu'à ses débuts, seul le
personnage de Josey Wales reste inchangé. Josey Wales peut
d'ailleurs bien
symboliser Clint Eastwood lui-même en tant que cinéaste-acteur : un caractère inamovible, entier,
taillé dans le roc et fidèle à ses valeurs. Clint Eastwood est semblable à un «
milestone » : il a marqué de son empreinte le western en tant
que réalisateur-interprète mais il a surtout érigé dans le
cinéma américain sa propre marque de fabrique qui dépasse de
loin le seul genre du western.
Silverado (1985).
Réalisé la même
année que le Pale Rider de Clint Eastwood, Silverado s'inscrit
dans une entreprise bienvenue de la part de Lawrence Kasdan, un
amoureux du western (il suffit de voir son magnifique Wyatt Earp
avec Kevin Costner) : celui de faire un western pour le plaisir et
pour célébrer le western en tant que genre.
Cet hommage est
loin d'être une pauvre parodie : on y retrouve les grands
classiques des westerns, les grands espaces, l'installation
difficile des pionniers en butte avec un gros propriétaire
terrien, les luttes d'influence, un kidnapping, une bataille
rangée dans un ranch. Et bien sûr, Kasdan n'oublie pas de nous
montrer le duel final incontournable.
Lawrence Kasdan
s'autorise même une toute petite incursion dans la dénonciation
de la discrimination raciale avec le personnage joué par Danny
Glover (on sait que les cow-boys noirs étaient légion au Far
West mais que le racisme et la ségrégation ont pratiquement tout
effacé de cette réalité historique). De plus Silverado offre
toute une galerie d'archétypes chers au western d'antan comme
celui du jeune pistolero fougueux interprété par un Kevin
Costner méconnaissable mais terriblement attachant, un sheriff
puissant mais corrompu (Brian Dennehy), celui d'un joueur
professionnel retors (Jeff Goldblum) et j'en passe. Tout cela est
filmé avec entrain, ce qui donne à ce film un ton convaincant et
enjoué.
A voir donc, ne serait-ce que
pour une belle brochette d'acteurs : Scott Glenn (trop peu
employé et ici excellent), Kevin Costner, Kevin Kline (qui semble pouvoir jouer aussi bien les
rôles dramatiques que comiques), Danny Glover, Brian Dennehy,
Jeff Goldblum et quelques apparitions comme celles de Rosanna
Arquette mais surtout la venue d'un ex-Monty Python, John Cleese,
savoureux en tant que shérif d'une ville traversée par nos
compères. Silverado a le mérite de tenir sa promesse : celle de
retrouver un western frais, captivant, plein d'action, de
règlement de comptes et de chevauchées tout en rendant un hommage
pour une fois pas honteux aux westerns d'antan.
Impitoyable
(Unforgiven),
1992.
On pourrait dire de
ce film qu'il s'agit de l'oeuvre-testament de Clint Eastwood, si
ce n'est qu'il est bien vivant et continue à tourner ! Mais il
est vrai qu'Impitoyable contient tous les thèmes qu'il aborde
régulièrement : la violence, la fascination pour celle ci, la
Rédemption, le travestissement de la réalité en légende (par
le biais du personnage du journaliste qui renvoie à l'Homme qui
tua Liberty Valence), la responsabilité de chacun devant ses
actes.
Le film est servi
par une mise en scène dépouillée, presque ascétique. Le rythme
est volontairement lent : Eastwood aime prendre son temps pour
installer et dépeindre ses personnages avant que la violence ne
balaie tout. Celle ci est le thème principale du film : deux cow
boys avinés maltraitent une prostituée. L'un d'eux la balafre au
couteau. Mais le sheriff Little Bill Dagget (Gene Hackman
éblouissant, il a d'ailleurs eu un oscar pour ce rôle) a eu une
façon bien à lui de rendre la justice et les deux cow boys
repartent libres, en échange d'un cheval et d'une amende. Les
filles font alors courir le bruit qu'elle recherchent des tueurs
à gages. Après que l'aristocratique English Bob, qui cache ses
instincts de tueur sanguinaire sous des dehors de gentlemen, se
soit fait rosser par Little Bill, arrivent en ville William Munny
(Eastwood, impérial) et deux comparses.
Eastwood brouille
les pistes avec plaisir. Munny paraît sympathique, désireux de
se racheter (il a deux enfants et une ferme minable où il élève
des porcs) et fidèle au voeu qu'il a fait à sa femme de ne plus
sombrer dans l'alcool et la violence, jusqu'au moment où sa vraie
nature, celle du tueur sans pitié, refait surface. La loi, en
l'occurrence Gene Hackman, n'a finalement rien à lui envier sur
le plan de la violence et du sadisme. Quand au cow-boy coupable de
la défiguration de la prostitué, il finit sordidement abattu à
bout portant sur un chiotte.
Impitoyable est un
film beau et poignant, incroyablement maîtrisé de bout en bout.
Eastwood fait de Munny est une véritable icône de la violence
américaine. Il faut voir le tueur, dans la rue principale,
menacer les habitants de tuer leurs femmes, leurs enfants et leurs
amis s'ils essaient de l'arrêter, alors que flottent derrière
lui une bannière étoilée... Difficile d'être plus clair :
l'Ouest s'est construit sur le meurtre et la violence.
Mort ou vif
(The
quick & the dead), 1995.
Sam Raimi est un
authentique dingue de cinéma. S'il s'est fait connaître par le
biais du fantastique (la série des Evil Dead), il aime et veut
toucher à tout. Son incroyable sens du mouvement, il l'imprime à
ce faux western spaghetti plus vrai que nature, un film de genre
qui n'a pas honte d'en être un.
Le pas beau et
très méchant Herod (Gene Hackman) organise chaque année, dans
la ville qu'il dirige en despote, un concours de duels qu'il gagne
invariablement. Mais cette année, une jeune femme, Lady, vient
relever le défi. Sa haine envers Herod cache un sombre secret.
Très fun, le film impressionne par la virtuosité technique de
Raimi (ce type là a inventé des mouvements de caméra que
personne n'aurait imaginé). Chaque duel, et ils sont nombreux,
est filmé différemment, d'une façon totalement originale, ce
qui réserve de nombreuses surprises visuelles. Et puis les
personnages sont attachants : Sharon Stone est dure et touchante
à la fois, Hackman cabotine tellement que c'en est un bonheur, et
Russell Crowe (bien avant d'aller jouer au Gladiator) se révèle très sympa en tueur devenu curé.
Pourquoi bouder son plaisir ?
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