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X
Men
Il
faut bien reconnaître que les films de superhéros n'ont presque
jamais été enthousiasmant. Au regard du potentiel de certaines
séries, c'est bien regrettable. Mais pour un
Batman complètement approprié par un Tim Burton schizophrène,
combien de Punisher ou de Spawn foireux ? Batman lui même,
d'ailleurs, a fini par échouer dans les mains du tâcheron
Schumacher qui alourdit la série de deux opus désastreux. Voir
les X Men, l'une des licences
les plus intéressantes de la Marvel, arriver dans les mains de
Bryan Synger, avait de quoi surprendre et allécher. Difficile a
priori d'imaginer le réalisateur de Usual Suspects et Un
elève doué dans le registre du blockbuster tonitruant. Et
pourtant...
Le
futur proche : une vague mondiale de mutations semble
annoncer une nouvelle étape dans l'évolution humaine. La peur
des mutants favorise le mouvement extrémiste du sénateur Kelly,
bien décidé à faire voter des lois lui permettant de parquer les mutants comme
du bétail. L'école du Professeur Xavier (Patrick Stewart),
humaniste et fervent défenseur de la coexistence pacifique, est
l'un des rares refuges pour les jeunes gens qui se découvrent
d'étranges pouvoirs. C'est aussi ici
qu'il a formé les X Men, un groupe de mutants dédiés à sa
cause. Face à eux se dresse Magneto (Ian Mc Kellen) un mutant très puissant
qui, à la tête de sa confrérie, décide de prouver la
supériorité du mutant sur l'humain. Ce
dernier semble s'intéresser de près aux mystérieuses capacités
de la jeune Malicia, placée sous la protection de Xavier par
Wolverine, un dur à cuire pourtant rétif à embrasser la cause
des X Men...
Le
passage des mutants du papier à l'écran est une belle réussite.
X Men est sans doute, avec les 2 premiers Batman, l'un des rares films de
super héros à avoir réussi brillamment la conversion
généralement si douloureuse. Mais la
comparaison s'arrête là. Si Tim Burton avait plongé avec
délice et génie dans un univers alternatif et délirant en faisant de
Gotham City un phantasme de mégapole grouillante, la première
règle adoptée par Brian Synger est au contraire d'ancrer ses
mutants dans un univers réaliste et probable : pas de cité
futuriste délirante et pas de méchants grimaçants peinturlurés
en vert... Les X Men évoluent donc dans un monde presque
identique au nôtre, et leurs pouvoirs surhumains ne les
immunisent pas contre une société apeurée qui aimerait bien les
détruire... Indice révélateur, il n'y a guère qu'à la fin du
film que les mutants revêtissent le costume héroïque de
rigueur, qui a d'ailleurs abandonné les couleurs franches du
comics pour un noir beaucoup plus sobre.
Synger
ne s'en cache pas, les empoignades de supermecs ne le motivant pas
trop, il a préféré mettre l'accent sur les personnages, aidé
par un matériel de base, le comics, déjà très performant en la
matière. Les études de caractère sont donc le point fort d'un
film à grand spectacle finalement avare en scènes
pyrotechniques... Le réalisateur décide, via des personnages
autrement plus complexes que la moyenne des héros de comics,
d'aborder des sujets actuels et sensibles : X Men se veut donc un
plaidoyer pour la différence et la tolérance, un manifeste
contre toutes les formes de racisme. Entre un Xavier persuadé de
la bonté intrinsèque de l'homme et un Magneto qui a connu les
camps de la mort, le propos est donc passionnant, quoique malheureusement
pas toujours très finement assénée. Mais si X Men n'évite pas
toujours l'écueil du démonstratif lourdaud, il n'en reste pas
moins étonnamment fin et juste dans sa peinture de super héros
à dimension humaine.
En
effet, un autre piège contourné avec succès par Synger est la
prolifération de personnages, dont le nombre a pourtant été
réduit par rapport au comics. Mais les X Men perdent
ici en nombre ce
qu'ils gagnent en âme. Plutôt que de détailler lourdement
chacun d'entre eux, Synger prend le parti de placer en vedette la
jeune Malicia (surprenante et attachante Anna Paquin) et surtout
le violent Wolverine, le mutant griffu au squelette d'adamantium.
Le pari est réussi, en grande partie d'ailleurs grâce au
surprenant charisme de Hugh Jackman qui compose un Wolverine plus
vrai que nature. Ce type a des faux airs d'Eastwood jeune qui font
merveille... Le reste du casting est à l'avenant, mené bien sur par deux poids lourd tous deux
excellents,
Patrick Stewart et Ian Mc Kellen, qu'on brûle décidément de
découvrir en Gandalf.
De
fait, X Men prend son temps et parle beaucoup, et c'est l'une de
ses qualités. Si les scènes d'action sont moins nombreuses qu'on
aurait pu le croire, elles n'en restent pas moins parfaitement
maîtrisées et excitantes. Fort d'une photographie alerte et
léchée (aaah, les reflets métalliques du repaire des X Men), le
film aligne une scène d'action finale superbe qui voit bons et
mauvais mutants s'affronter autour de la statue de la Liberté.
Synger
conclut ainsi avec panache un film qui ressemble à s'y méprendre
à une introduction de luxe à une série que l'on souhaite
longue, pérenne et respectueuse de la qualité de son premier
volet.
Manu

Face
à Face, le Professeur Xavier et Magneto
|
Un film de Bryan Singer
Avec : Patrick Stewart, Famke Janssen, Hugh Jackman, Anna Paquin, Ian Mc
Kellen
Durée : 1h50

Le
DVD Superbe
image et pistes 5.1 en VO
et en VF qui respectent parfaitement le matériel de base. Quand
aux suppléments, s'ils restent sympathiques, on est tout de même
loin de l'avalanche annoncée. Les
scènes supplémentaires ne sont en fait guère plus que des
montages alternatifs et leur intérêt n'est pas affolant.
Ajoutons y un documentaire purement commercial, un reportage
rigolo sur les dessous de la campagne du sénateur Kelly et 2 séquences
du story-board réalisées en image de synthèse...
2
petits bonus cachés montrent les travaux de préproduction
réalisés pour 2 mutants au final non intégrés dans le
scénario. 
Wolverine,
un gars violent...
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