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The
Terminator
Le
type qui s'acharne à tenter de tuer Sarah Connor semble
invulnérable, sans pitié, impossible à arrêter ... C'est qu'il
s'agit du Terminator, un cyborg venu du futur pour
assassiner la mère du futur leader de la résistance humaine face
à la dictature des machines. Sarah ne peut compter que sur Reese,
un soldat envoyé du futur par son fils pour la protéger...
On
ne présente plus l’androïde assassin qui traverse comme une
balle de 9 mm le premier film « officiel » d’un
James Cameron, pas trop désireux de s’étendre sur sa précédente
réalisation : Piranhas 2. Et pourtant, si encore
aujourd’hui, Terminator peut sans souci être donné en modèle
comme la quintessence de la série B efficace, c’est bien parce
que Cameron a été formé dans les « écuries » Roger
Corman… Pape du bis, avare comme pas deux et très habile à
recycler les idées des autres, Corman a donné sa chance à de très
nombreux cinéastes (citons au hasard Joe Dante) et leur a tous
inculqué sa théorie cinématographique définitive ou
« comment filmer à l’économie et en peu de temps en
faisant passer des vessies pour des lanternes »…
Mais
si Cameron transcende les leçons d’un Corman, apprises en tant
que chef décorateur ou cinéaste débutant (Piranhas 2 donc),
c’est parce que contrairement à lui, il ne cherche jamais à
flouer le spectateur. Des années après, aux commandes de
monstres budgétaires comme Titanic, il continuera à se tenir à
ce credo. Cameron a une vision, et il veut tout en montrer, épaulé
par une productrice de choc, Gale Anne Hurd, alors elle aussi débutante.
C’est
avec une énergie incroyable que Cameron s’investit dans ce
projet, qu’il film avec des bouts de ficelle. Artiste complet,
il est à l’origine du scénario, storyboarde lui même le
projet, en conçoit tous les modèles. Et Stan Winston d’avouer
modestement que bien qu’il ait construit le Terminator, c’est
Cameron et lui seul qui l’a dessiné, jusque dans ses moindres détails...
C’est
tout cela qui saute encore aujourd’hui à la tronche du
spectateur. A l’image d’un John Carpenter, Cameron est honnête,
il livre un vrai film d’exploitation, sans chercher à le
camoufler ses des dehors auteurisants. Mais il presse son
excellente idée jusqu’à la moelle, transforme cette série B
au scénario malin mais anémique en voyage au bout de l’enfer
hallucinant. Aujourd’hui encore, on entend des reproches faisant
état du vide scénaristique que constituerait Terminator, basé
sur une seule idée (celle du voyage dans le temps, et du paradoxe
engendré par le retour dans le passé du père du futur leader
des humains). C’est pourtant là la force du film. Terminator
est conçu comme une expérience, un voyage à sens unique au
leitmotiv aussi simple et obsédant que la musique de Brad Fiedel,
aussi implacable que le cyborg qui donne son nom au film.
Tout
ce que fera Cameron par la suite est déjà là. Son amour pour
les femmes fortes, confrontées à l’horreur, qui explosera avec
Aliens, Abyss et bien sur Terminator 2. Son intérêt pour les
histoires d’amour tragiques, aussi fortes qu’éphémères.
Celle qui unit Reese, le guerrier du futur, et Sarah Connor,
c’est déjà celle du couple de Titanic. Cameron reprendra le même
motif, celui d’un amour sur la corde raide, ou le robot assassin
sera simplement remplacé par un paquebot qui sombre. Dépouillé
de tout autre considération, rythmé par des flash-backs
futuristes tétanisants, Terminator est une pure icône de
cinoche, à la manière (une fois de plus) du New York 97 d’un
certain Carpenter… Une certaine idée de cinéma quoi.
Bien
forcé de suivre le parcours du combattant de Cameron,
Schwarzenneger trouve ici son rôle le plus définitif, ou son
physique monolithique et son accent autrichien à couper au
couteau sont de forts atouts. Crédible dès sa première scène,
il donne au réellement corps au Terminator. Face à lui Linda
Hamilton et le trop rare Michael Biehn sont parfaits dans le rôle
des amants tragiques traqués…
Terminator
reste ce qui se fait de mieux en matière de cinéma d’action.
Preuve s’il le fallait que la série B reste le terrain d’expérimentation
par excellence, celui ou la forme et le fond peuvent au mieux
s’harmoniser...
Manu

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Un film de James Cameron
Avec : Arnold Schwarzenneger, Linda Hamilton, Michael Biehn, Lance
Henricksen
Durée : 1h43

Le
DVD C'est
bien une édition collector sur 2 disques, qui efface le mauvais
souvenir du DVD distribué par TF1 Vidéo (mono et sans aucun
supplément). Malgré quelques traces dues à l'ancienneté,
l'image est très belle. Quand au son, c'est un pur régal (5.1 en
VO et VF) Pièce maîtresse des suppléments, un passionnant making of
du spécialiste en la matière, Bouzereau. On y apprend énormément
de choses sur le tournage du film. Par exemple, qui savait que
c’est l’ excellent Lance Henricksen qui devait à
l'origine interpréter le Terminator ? Débouté par Arnold, il se
contentera d’un rôle de flic... On
peut y rajouter quelques bande annonces, une très intéressante
galerie de photos, une rétrospective, et cerise sur la gâteau, 7
scènes inédites. On y voit notamment une fin bien plus ouverte,
introduisant le deuxième opus de la saga...
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