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Les
Rivières pourpres
En
Savoie, a la suite d'un meurtre particulièrement violent, Niemans
(Jean Reno), un flic désabusé et sur la corde raide, enquête.
Sans le savoir, un autre flic, le bouillant Max Kerkerian (Vincent
Cassel), tire de son côté un autre bout du même écheveau qui
vont les mener tous deux à devoir collaborer et s'intéresser à
une étrange université, un véritable camp retranché ou les
lois de l'extérieur ne s'appliquent pas. Un établissement qui
cache de sombres vérités…
Rarement
on aura été autant excité par l'attente d'un film, français de
surcroît. Sur une bande annonce particulièrement imaginative et
flippante, et après la lecture du solide bouquin de Grangé, on
ne pouvait qu'espérer le mieux de cette adaptation réalisée par
Matthieu Kassovitz, injustement conspué à la sortie d'Assassins.
En pleine vague de renaissance du film de genre à la française,
ces Rivières se devaient d'être un événement incontournable.
Mais
la vision des Rivières Pourpres laisse malheureusement un
arrière goût d'inachevé. On aimerait adhérer au film à 100%,
mais on y arrive jamais vraiment. Techniquement parfaitement
maîtrisé, le film accumule en effet les erreurs de narration.
Très dommageables, elle laisse le spectateur de côté en ne lui
donnant jamais les clés de ce qu'il regarde.
La
vraie raison est que l'adaptation du livre, exercice toujours
périlleux mais pourtant réalisé ici avec son auteur, est un
échec. La continuité scénaristique tirée du bouquin ne
parvient jamais vraiment à impliquer le spectateur dans
l'histoire. Le pire est que l'intrigue elle-même, ainsi que sa
résolution, pierre angulaire d'un bon suspens, restent flou et
difficilement accessible à celui qui n'a pas lu le roman. Face à
un rythme un peu trop soutenu, les explications ne suivent pas et
on se perd en route. Le film n'est alors qu'une succession de
séquences, qui si elles sont parfois très excitantes, ne
s'enchaînent jamais vraiment. A ce titre, la fin, qui tranche
soudainement avec le ton du film, est l'exemple parfait. Les
révélations finales sont assénées sur le coin de la tronche
d'un public un peu désarçonné. Pas étonnant que quelques rires
fusaient dans la salle.
La
structure narrative, pourtant essentielle à la maîtrise d'un
thriller, genre dont le rythme ne supporte pas l'approximation,
est donc complètement éclatée. Jamais le public n'est inscrit
dans l'histoire, pris par la main, ou même bluffé. Les ressorts
dramatiques tournent ici à vide.
Et
pourtant, on prend du plaisir à la vision des Rivières Pourpres.
Un vrai plaisir de spectateur devant une mise en image nerveuse,
efficace et gonflée. Le rythme est soutenu (sans doute trop
puisqu'il étouffe la narration), soutenu par une beauté formelle
assez impressionnante. Aucun doute, Kassowitz maîtrise son outil,
et du coup, à force de ravir l'œil, arrive presque à faire
oublier les errements de son scénario. Techniquement, le pari de
Kassowitz est remporté haut la main : son film est beau,
magnifiquement photographié. La forme, se calquant sur le
meilleur du ciné us, sert à merveille le fond. La réalisation,
débarrassé des scories de jeunesse, est convaincante, alerte et
puissante...
Quand
aux acteurs, si Reno nous relivre sans surprise son numéro
lassant de colosse muet, et qu'on a quelques doutes sur la
prestation de Nadia Farès, Cassel est en tout point épatant,
prouvant une fois de plus qu'il est un acteur épatant doublé
d'une grande présence physique.
Sans
aucun doute, Kassowitz est de toute façon un réalisateur avec
lequel il faudra compter !
Manu

Kerkérian
et Niemans
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Un film de Matthieu Kassovitz
Avec : Jean Reno, Vincent Cassel, Nadia Farès
Durée : 1h42

Le
DVD Une
vraie édition d'exception, qui plus est labellisée THX : 2 DVD
dans un joli boîtier cartonne. Cela semble devenir une habitude. Le film
est accompagné de 2 commentaires
audio. Le duxième DVD récèle une grande masse de suppléments,
qui mettent plutôt bien en lumière les conditions de
réalisation.
On
y trouve don une analyse du scénario par Matthieu Kassovitz et Jean-Christophe
Grangé. Un making of et de nombreuses archives qui vont des
affiches au storyboard.
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