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La
Malédiction (The Omen)
Avant
de devenir le roi de l'actionner mou du bide (les Armes Fatales,
Assassins ou le navrant Maverick), Richard Donner avait marqué
d'une pierre blanche le thriller fantastique en réalisant The
Omen, la Malédiction, en 1976. C'était à cette époque,
aujourd'hui bien révolue, où les gros studios encouragés par le
succès de l'Exorciste (1973), n'hésitaient pas à produire du
blockbuster d'épouvante complaisamment premier degré. Pas
d'humour salvateur comme le film fantastique des années 90 ne
pourra s'empêcher d'en mettre à toutes les sauces, mais du bon
gros frisson des familles. A ce petit jeu, la Malédiction reste
un modèle du genre…
Rome,
le 6 juin à 6 heures du matin. Le bébé de Katherine Thorn,
l'épouse d'un diplomate américain de renom, meurt à la
naissance. Incapable de lui révéler la vérité, son mari,
Robert, accepte de lui substituer un nouveau-né dont la mère est
morte peu de temps après l'accouchement. Cinq ans plus tard, les
Thorn habitent Londres et le petit Damien comble ses parents de
bonheur. Mais d'étranges événements commencent à se succéder
autour du petit garçon, à commencer par le suicide par pendaison
de sa gouvernante. Un photographe, Jennings, tente d'avertir Thorn
de la véritable identité de Damien. Selon lui, l'enfant ne
serait autre que le rejeton de Satan…
La
majorité de la réussite du film est bien à créditer à la
prestation du gamin, Harvey Stephens, dont le visage à la fois
angélique et inquiétant à la fois personnifie à merveille le
monstre qu'il est censé incarner. Autour de lui le casting est on
ne peut plus solide, emmené par un Gregory Peck très
charismatique en père adoptif incrédule, confronté à sa femme
Lee Remick, en adoration devant celui qu'elle croit être son fils…
David Warner est quand à lui excellent en photographe halluciné
décidé à démasquer le démon.
Avec
élégance, le film détaille l'enquête de Robert Thorn sur les
origines de son fils adoptif. A l'inverse de l'Exorciste, auquel
on l'a bien souvent comparé, la Malédiction ne joue que très
peu la carte de l'effet choc, se refusant notamment à prêter au
jeune Damien des pouvoirs surnaturels. Celui ci se contente de
rester spectateur, alors que des accidents " fortuits"
se déchaînent autour de lui et atteignent tous ceux qui
pourraient lui vouloir du mal. Par contre, à l'instar du film de
Friedkin, l'idée perverse du mal s'incarnant dans un corps
d'enfant est à mettre au crédit de l'ambiance pesante et
angoissante du film.
Malheureusement,
la mise en scène parfois un peu lourde de Donner ne permet pas à
toutes les scènes de décoller au-delà d'une ambiance soignée
mais académique. Les " accidents " deviennent assez
vite répétitifs, une fois que l'on en a pigé le concept, et
surtout, le film ne vient à aucun moment jouer sur les plates
bandes du franchement insupportable comme l'a par ailleurs
brillamment fait l'Exorciste. En un mot, le film s'avère
angoissant mais jamais éprouvant.
Malgré
cette impression finale un peu lénifiante, l'ambiance du film
reste stressante, et se permet d'aligner une très belle séquence
à l'esthétisme outrancier digne des Hammer films, celle du
cimetière ou Thorn est assailli par des chiens issus de l'enfer.
Et si la mise en scène de Donner ne reste pas toujours au niveau
de son propos, elle s'avère relayée à merveille par la
partition sublime de Jerry Goldsmith, véritablement effrayante.
Et
le reste de la saga ?
Ben
oui, si le premier n'est pas votre préféré, faudra quand même
casquer ! Le premier opus est en effet le seul à être dispo
seul, et les deux séquelles ne sont présentes que dans le
coffret. Dans le second opus, on décalque soigneusement le
scénario du premier. Damien a grandi, mais les morts s'accumulent
toujours autour de lui. Le frère de Robert Thorn, interprété
par William Holden, va découvrir à son tour la sinistre vérité
sur le jeune homme qu'il a adopté. Sympa, mais sans aucune
originalité.
Beaucoup
plus original est le dernier volet, la Malédiction finale, qui
suit Damien devenu adulte dans sa quête du pouvoir absolu. En
tout cas, original sur le papier ! Car si Sam Neill s'avère
excellent en fils de Satan à la tête d'une multinationale, le
film lui est ennuyeux et mal foutu. Bien dommage
Enfin,
un quatrième volet, un téléfilm en fait, lui aussi plutôt naze
n'a pas été inclus dans le coffret zone 2, alors qu'il était
présent dans la zone 1. Va comprendre, Charles...
Monsieur
Dong
 Il
est pas mignon, le petit Damien ? Hein ?
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Un film de Richard Donner
Avec : Gregory Peck, Lee Remick, David Warner
Durée : 1h46
Le
DVD
La
qualité de l'image est correcte, mais le film aurait gagné à
être restauré. Niveaux
suppléments, le morceau de choix est un documentaire de 46
minutes, qui malheureusement s'avère très bavard et finalement
peu informatif. Le
commentaire audio de Donner et du monteur Stuart Baird complète
le tout, ainsi que la bande annonce. A noter un petit bout de
n'importe (6 minutes) sur la soi disante malédiction du
tournage... Mais
le vrai supplément intéressant est un document consacré à la
musique du film ou Goldsmith explique ses choix musicaux.
Excellent !
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