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Hantise
(The Haunting)
Jan de Bont était l'un des tous bons chef opérateurs, notamment pour Paul
Verhoeven. Passé à la réalisation, il se spécialise dans le film d'action bourrin (Speed 1 et 2) ou le machin sans queue ni tête mais à base d'effets spéciaux révolutionnaires (Twister). Le voici cette fois aux commandes d'un remake, celui de la Maison du Diable, de Robert Wise. L'original est considéré comme le classique du film d'épouvante à base de maison hantée, et alliait une réalisation sobre à une atmosphère claustrophobique de premier ordre, basée bien plus sur le non-dit que sur le démonstratif.
L'ami de Bont, lui, débarque là dedans avec ses gros sabots, son dolby surround et les computers
d'ILM. Le moins que l'on puisse dire est que cela fait mal. Techniquement le film est parfait (les décors de la maison sont incroyables, l'image très belle. Quand aux effets sonores, lors des manifestations ectoplasmiques, ils sont tout bonnement époustouflants. Les graves
secouaient les fauteuils dans la salle de ciné... !). Mais comme toujours avec de
Bont, les prouesses techniques camouflent mal une vacuité scénaristique presque totale.
L'histoire est simpliste : le psychiatre David Marrow (Liam Neeson, visiblement pas encore descendu sur Terre depuis Star
Wars, et qui assure juste le minimum syndical) étudie la peur et ses origines. Il loue donc pour un week-end une vieille bâtisse à la sale réputation, ancienne demeure d'un magnat local qui finit ses jours complètement fou, et y convie une série de « sujets » en leur faisant croire qu'il mène des recherches sur l'insomnie. Bien entendu, des phénomènes étranges ne tardent pas à se manifester, centrés sur la personne de Lili (Lili Taylor), une jeune femme introvertie et mal dans sa peau. Celle ci ne tarde pas à découvrir que l'ancien propriétaire, le sombre Hugh
Crain, cachait de sombres secrets dans les recoins de sa délirante bâtisse.
Sans aucun complexe, De Bont passe par absolument tous les clichés les plus éculés du film de maison hantée. Ca commence très fort avec le couple de serviteurs mal embouchés, qui
ânonnent des répliques du genre « personne ne voudrait rester dans cette maison après la tombée de la nuit, non personne » avec les yeux qui roulent. La première fois on croit à une blague, une tentative foirée de parodie... Mais non, c'est sérieux, très premier degré et donc très con ! Par la suite, De Bont nous fait quinze fois le coup du gars qui surgit par surprise derrière son copain, en lui foutant la pétoche par mégarde (« Putain, t'es con, tu m'as fait peur ! »).
Au niveau de l'histoire, on s'embrouille très vite dans une intrigue vaseuse et
exagérément compliquée, bourrée de soi-disant « révélations » qu'on avait deviné une demi-heure avant que le film ne nous les assène bien lourdement. On essaie vaguement de s'intéresser à ce qui arrive à des personnages complètement transparents, et puis on laisse tomber. On attend la fin avec impatience et elle se révèle à l'avenant, crétine et
inutile... Inutile
de dire que le DVD n'apporte rien de neuf à ce nanar de luxe.
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Un film de Jan de Bont
Avec : Liam Neeson, Catherine Zeta-Jones, Owen Wilson, Lili Taylor, Bruce Dern
Durée : 01h53
Le
DVD
Si
le son est parfait, le reste du DVD fait un peu peine à voir :
aucun supplément digne de ce nom. On y trouve donc une featurette
anorexique et les bandes-annonces...
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