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Gladiator
En
Germanie, Maximus (Russell Crowe), général romain adulé par ses
hommes, vient de donner à son empereur, Marc Aurèle, une
nouvelle victoire, au terme d’une âpre bataille. Sentant venir
sa fin, dégoûté par les déviances de son fils Commode et désireux
de redonner à Rome sa grandeur par le biais de son sénat, Marc
Aurèle confie à Maximus sa volonté de le sacrer empereur en
lieu et place de son fils… Mais lorsque le vieil empereur meurt,
Commode ordonne qu’on assassine le général et fait exécuter
sa famille. Devenu esclave, forcé de combattre en tant que
gladiateur, c’est dans l’arène que Maximus va entreprendre de
défier le souverain de Rome…
Gladiator
sonne comme une résurrection, une multiple résurrection pourrait
on dire.
Tout
d’abord résurrection d’un genre, bien sur, celui du Péplum
épique aux milliers de figurants. Force est de constater que
Ridley Scott applique à la lettre le cahier des charges :
dans une Rome grandiose reconstituée numériquement, le réalisateur
dresse des tableaux saisissants, redonnant au mot spectacle un
sens qu’il avait perdu.
Mais
également, et surtout, résurrection d’un réalisateur. Considéré
comme l’esthète géniale des années 80, fondateur à
l’arraché d’un mythe durable avec Alien, imposant avec Blade
Runner les repères visuels du futur toujours utilisés
consciencieusement aujourd’hui, Ridley Scott semblait s’être
égaré depuis sa super production à la gloire de Christophe
Colomb, jusqu’à sombrer dans le film de fabrique sans relief
(Vague de Fond) ou même le redoutable nanar (GI Jane avec la
bovine Demi Moore). Beaucoup avait alors prophétisé que Scott ne
se relèverait pas de ses échecs tonitruants, jusqu’à ce
Gladiator, méga succès annoncé qui permet au réalisateur
anglais de se remettre en selle, et de proposer aujourd’hui un
Hannibal grand guignolesque...
Pour
autant, s’il est bien le film d’un retour en état de grâce,
Gladiator n’est pas le chef d’œuvre que l’on aurait pu espérer.
Ouverte par une bataille d’une rare violence, l’action, si
l’on excepte 2 superbes scènes dans l’arène, a tendance à
se déliter au cours du film, qui se conclut par une fin assez prévisible.
Il n’en reste pas moins que Gladiator est un spectacle puissant,
qui prend aux tripes, porté par la composition sauvage et acharnée
d’un Russel Crowe méconnaissable, qui confirme ici avec éclat
sa stature de véritable star, au sens ancien du terme. Doté
d’un magnétisme imparable, Crowe EST Maximus, un homme de
guerre simple et fatigué, qui n’aspire qu’à la paix sur ses
Terres en compagnie des siens.
Et
c’est bien là la surprise de ce film, l’adéquation parfaite
des acteurs à leurs rôles. S’il n’a pas renoncé à ses
manies esthétisantes, secondées par une photo de toute beauté
aux couleurs chaudes et profondes, Ridley Scott prouve qu’il est
aussi un directeur d’acteur plus que compétent. Les scènes de
dialogue et leurs joutes verbales (surtout celles opposant Commode
à sa sœur) deviennent alors aussi passionnantes que les combats
dans l’arène. Tous les protagonistes sont ici parfaits. Joaquim
Phoenix compose un Commode psychotique particulièrement
troublant, presque émouvant dans sa folie mégalomane et son
amour déviant pour sa sœur, la superbe Connie Nielsen… Il faut
encore y rajouter de magnifiques seconds rôles portés par Derek
Jacobi ou Oliver Reed, dont ce fut malheureusement la dernière
apparition sur un écran. Enfin, impérial, Richard Harris est un
Marc Aurèle digne de sa légende.
Si,
jouant le jeu du grand spectacle, Scott empile les scènes
d’anthologie, il n’en a pas oublié de mettre constamment son
film au service de ses personnages. Jamais il n’hésite à jouer
la carte du romantisme échevelé, en évitant avec superbe de
sombrer dans la mièvrerie.
Revenu
en pleine possession de ses moyens perdus de cinéaste, Ridley
Scott réussit donc à sortir le péplum à grand spectacle de sa
tombe. C'est la pire des choses qu'on pouvait lui souhaiter...
Manu

Commode et Maximus
|
Un film de Ridley Scott
Avec : Russell Crowe, Joaquim Phoenix, Connie Nielsen, Richard Harris, Oliver
Reed, Derek Jacobi
Durée : 2h29

Le
DVD A film exceptionnel, DVD
exceptionnel. Images parfaites et bande sonore étourdissante (VO
en DTS et 5.1, VF en 5.1) font de ce disque une référence en
matière de transfert numérique. Le film peut être visionné
avec les commentaires audio de Ridley Scott, de son directeur
photo et de son monteur Et
sur un seconde disque, on trouve pléthore de suppléments : 11
scènes supplémentaires, un excellent making of, un documentaire
de 50 mm sur les jeux du cirque, un entretien avec le compositeur
Hans Zimmer constituent l'essentiel de ce plat bien garni. Et
on y ajoutera encore pléthore de bandes annonces, les dessins
préparatoires et les storyboard comparés au film, quelques notes
de production... Gladiator
redonne enfin une signification correcte au mot "Collector"
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