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Destination Finale

 

Le gentil Alex, 17 ans, embarque dans un avion pour Paris, en compagnie d'une quarantaine d'élèves de son lycée. Sans trop savoir pourquoi, il se sent plutôt mal à l'aise lorsqu'il prend place à bord. Mais très vite, ce simple sentiment troublant se transforme en peur panique. Il a soudain la vision de l'explosion en plein vol de l'appareil. Hystérique, il est débarqué de l'avion en compagnie de 5 camarades et d'une prof. A peine l'avion a t'il décollé qu'il explose… Dans les jours qui suivent, Alex se rend compte que son don de voyance ne l'a pas quitté, et que les survivants commencent à périr dans d'étranges accidents. Il en vient à se persuader que la Mort elle-même a décidé d'occire ceux qui n'auraient jamais du échapper à l'explosion..

Le teenager un peu crétin a toujours été une proie de choix du tueur sadique à répétition, de préférence masqué, et ce depuis le mythique Halloween de John Carpenter… Remis récemment au goût du jour par Scream, le slasher a fait de nouveau la joie des studios opportunistes qui se sont empressés dans le renvoyer dans le désert thématique d'où il venait de s'extraire (si l'on fait partie de ceux qui trouvent que Scream est d'une folle originalité, ce dont je doute très fort personnellement). Comme au bon vieux temps, mais cette fois dans de jolies productions thunées familiales, avec des acteurs mignons sortis de séries télé, les cadavres d'ados se sont donc empilés sous les violents coups d'arme blanche de tueurs décérébrés…

Mais cette fois, pas de bol, on ne le verra pas à l'écran, le tueur, puisqu'il s'agit, excusez du peu, de la Mort elle-même. Moi, j'aurais bien voulu qu'on la voit et qu'elle se paie la tronche et les propos désabusés de celle de Terry Pratchett, mais non. On ne verra d'elle que les effets de ses méchants petits sabotages mortels. Basé sur cette idée finaude (comment échapper au destin funeste qui vous attend si la Faucheuse a décidé personnellement de s'occuper de votre cas), le réalisateur James Wong (un pilier d'X Files) a claironné la farouche originalité de son produit. Raté ! Le résultat est au même niveau navrant que le tout venant du slasher modèle années 90 : joli et propre sur lui, sagement cruel, et surtout répétitif et mortellement chiant…

Et à la limite, c'est même pire : parce que mine de rien, le vrai ressort à frissons du slasher reste quand même ce fameux concept du tueur multiforme et doué d'ubiquité qui surgit toujours où on ne l'attend pas et qui a la stressante habitude de se balader furtivement dans les coins de l'écran. Une imagerie à la peau dure, complètement indissociable du genre, et imposé par Carpenter et son Mike Myers de tueur, justement surnommé "The Shape" pour ces raisons… Ici, ce fameux ressort est donc complètement cassé.

Mis à part un scénario fatigant de prévisibilité, c'est sans doute la raison majeure pour laquelle Destination Finale se regarde avec un ennui profond, comme si on assistait (et c'est bien de cela qu'il s'agit) à la énième rediffusion d'un truc qui nous avait déjà pas emballé la première fois. Une fois passée la scène choc du crash, effectivement bien secouante, et bien amenée par l'atmosphère bizarre qui ouvre le film, on s'empêtre dans l'habituel massacre ou chaque protagoniste y passe après l'autre. Puisqu'il n'y a pas d'assassin et que les morts se résument en fait à une série d'accidents domestiques, les efforts du scénariste se sont visiblement portés sur les circonstances de chaque mort, histoire de surprendre.

Ce n'est jamais le cas, pas plus d'ailleurs que ces scènes ne sont stressantes. Par contre, assez cruelles dans leur acharnement et surtout complètement cartoonesques (voir la mort de la prof qui se coupe, se brûle, se cogne partout avant de se faire planter par un couteau de cuisine pour finir déchiquetée dans une explosion) elles sont plutôt marrantes. Mais au bout du troisième décès, on commence à regarder sa montre.

Joliment mis en image avec une belle photo léchée, ce Destination finale sent le produit tellement packagé qu'il en devient indigeste : Un peu gore (mais gentiment familial quand même, pas question de voir le public visé se faire refouler devant la salle), jamais stressant et très consensuel avec ses ados formatés pour qui on n'éprouve absolument rien, si ce n'est un sentiment aigu de soulagement quand ils se font enfin rétamés… Le renouveau du slasher n'est donc toujours pas pour demain.

Manu

 

Un film de James Wong

Avec : Tony Todd, Devon Sawa

Durée : 1h34

Le DVD

Un DVD bien rempli pour un film qui n'en méritait pas tant ! La fin alternative n'est pas meilleure que la fin retenue...

Y aussi un commentaire audio, des petits jeux idiots et un doc sur une "véritable" médium. Mouais...












































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