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Apparences
Alors
qu’il attend tranquillement que Tom Hanks perdent 25 kilos pour
reprendre le tournage de Cast Away, Robert Zemeckis en profite
pour mettre en boîte le thriller boursouflé de l’été. Pitch
bien tendance : un couple star (Ford – Pfeiffer) dans un
thriller mâtiné de surnaturel, histoire de ne pas louper la
vague fantomatique qui déferle au même moment. Dès la bande
annonce, insoutenable, le ton est donné : ça bouffe à tous
les râteliers et le trop gentil Harrisson riboule des yeux :
m’étonnerait pas qu’il ait quelque chose à se reprocher, çui
là. A trop vouloir en faire, Zemeckis livre un produit formaté
et redondant, qui ne fera guère frémir que les habitués de
l’inspecteur Derrick.
Norman
Spencer (Harrison Ford donc), scientifique bon teint, vit seul
avec sa femme Claire (Michelle Pfeiffer) dans leur superbe demeure
du Vermont. Ils mènent une vie paisible et rangée, jusqu’au
jour ou, confrontée à quelques phénomènes surnaturels bien
convenus, elle commence à croire sa jolie maison hantée. Claire
pète t’elle simplement les plombs ou la vérité est-elle bien
plus sombre ? D’autant plus que le gentil Norman ne lui a
pas forcément tout dit de son passé…
Un
cran au-dessus de l’affligeant Hantise de Jan de Bont,
Apparences n’en déballe pas moins son flot de clichés et
d’invraisemblances, en prenant bien soin d’aller revisiter
tous les classiques du genre : l’hommage hitckockien est
donc bien appuyé, relevé d’une rasade de fantastique convenu
et d’appels du pied à des films pourtant oubliables comme
Liaison Fatale. Zemeckis oublie donc totalement (mais c’est une
habitude chez lui) d’insuffler la moindre personnalité ou
originalité à son film, qui aurait pourtant gagné à se placer
dans une optique plus glauque ou plus sulfureuse. Zemeckis,
prudent, refuse au moins l’épate technologique de Bontienne, et
y préfère un classicisme soigné, limité chichiteux. Il s’y
applique même tellement, à lécher ses images, qu’on
s’endort sans trop de regrets.
Au
final, il reste une première partie qui si elle n’évite pas
l’ennui, s’avère suffisamment bien traitée pour souffler un
zeste d’inquiétude, grâce notamment à un beau travail sur la
photo, joliment froide, à laquelle le DVD rend d’ailleurs un
bel hommage. Pas de bol, lorsque le film accélère enfin, c’est
pour accumuler les rebondissements les plus invraisemblables et
les effets « effrayants » les plus éculés, qui
s’accumulent comme à la foire. Le film s’exténue lentement,
nous avec, et Zemeckis nous conclut le tout par un fin bien
grotesque.
Si
Michelle Pfeiffer livre ici une jolie prestation, Harrisson Ford,
visiblement peu concerné, a plus de mal à convaincre. Dommage
pour un rôle plus sombre qu’à l’accoutumé. Premier essai
raté, mais on ne désespère pas de le voir enfin dans un vrai rôle
flamboyant de méchant.
Typique
du produit de studio tellement packagé qu’il en perd toute
profondeur, Apparences n’est donc qu’une resucée bouffie et
gavante, un fourre-tout indigeste
Monsieur
Dong

Bon,
on lui pardonne, parce que, quand même, elle est bien jolie...
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Un film de Robert Zemeckis
Avec : Harrison Ford, Michelle Pfeiffer
Durée : 2h04

Le
DVD Une
belle copie à l'image vraiment superbe mais qui ne sauve pas le
film de l'ennui. Au
niveau des suppléments, le tout reste très convenu : on trouve les
coulisses du tournage et une bande annonce. Les
biographies font de la figuration et le commentaire audio du
réalisateur (qui a pourtant la bonne idée d'être sous titré)
ne nous apprend rien...
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