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et Bandes Dessinées
Pour
bien commencer cette rentrée 2001, voici une petite sélection de
BD qu'on a aimé (ou pas) dernièrement
Koblenz,
T2 : "Marcher dans Carthage une nuit sans lune"
Thierry Robin, Delcourt
Après
un premier album assez banal, voici le deuxième
volet des aventures du Dr Koblenz, étrange personnage évoluant
dans un XIXème siècle alternatif. Koblenz
et son assistante Clara se rendent à Tunis, à la demande d'un ancien
compagnon du docteur, visiblement menacé. Ils n'auront toutefois
guère le temps de comprendre ce qui se passe : ils sont tous deux projetés dans la Carthage
antique...
Thierry
Robin a réalisé là un bel album très surprenant, où le
dépaysement est assuré, magnifié par son trait clair et franc
et une belle mise en couleur. Par cette originalité, il s'éloigne
également du premier volume, qui semblait imposer en Koblenz une sorte
d'enquêteur du paranormal un rien classique. Si le personnage de
Kolblenz lui même reste toujours aussi énigmatique (et aussi peu
sympathique, mais c'est un avis personnel), on en apprend plus sur sa compagne
Clara et ses étranges pouvoirs. Seul regret : le décor
carthaginois et les idées de Thierry Robin auraient mérité une
histoire en deux parties : le manque de place se fait sentir,
forçant l'auteur à empiler les rebondissements au détriment de
l'atmosphère. Il n'en reste pas moins que cet album est une
réussite.
Prophet,
T1 : "Ante genesem"
Dorison & Lauffray, Les Humanoïdes associés
Le professeur d'archéologie Jack Stanton est de
retour à New York après une expédition dans l'Himalaya dont il
est le seul survivant, détenteur d'un terrible secret...
Lorsqu'il décide de le révéler aux médias, il met le doigt dans
un engrenage funeste, peut être annonciateur de la fin du
monde...
Cet
album se dévore de bout en bout avec une seule idée en tête :
connaître la suite. Pas pour tout de suite malheureusement,
puisque cette histoire un brin trop linéaire plante le décor
pour une série qu'on espère passionnante. Complètement
digérées, les nombreuses références qui parsèment le récit
ne nuisent pas à son originalité, soutenue par un rythme
constant. Le trait affirmé et vigoureux ne fait que renforcer
cette impression de vivacité qui tient le lecteur en haleine
jusqu'au bout. La fin un peu trop téléphonée ne gâche pas la
plaisir que l'on retire à la lecture de cette aventure.
Le scorpion, T1 : "La marque du diable"
Marini et Desberg, Dargaud
Rome, XVIIIème siècle : le Scorpion, séduisant
aventurier à la réputation sulfureuse, vit de la vente des
reliques volées dans les tombeaux. Fils d'une sorcière, d'où la
marque du titre, il va se heurter aux manigances d'un cardinal
machiavélique, maître d'un sombre complot et à son exécutrice,
une mystérieuse empoisonneuse égyptienne.
Si
le dessin de Marini est toujours aussi élégant, rehaussé par
une mise en couleurs particulièrement réussie et une
documentation qui force le respect, il me faut toutefois avouer
que cet album m'a laissé sur ma faim. Entre les scènes d'action
dans le plus pur style "shawbuckling" et l'exposition du
complot, on cherche un peu d'originalité dans une intrigue
malgré tout correctement bâtie et bien menée. Le héros
surtout, bellâtre infaillible aux faux airs d'Alain Delon, m'a
particulièrement énervé. Si vous aimez les aventuriers avec une
belle gueule, des bottes de cavalier et des chemises à jabot, cet
album st fait pour vous.
Typhaon,
T1 :
"Eleonore"
Sorel et Dieter, Casterman
En pleine nuit, une jeune femme qui dérivait à
bord d'un canot de fortune est recueillie par
l'équipage d'un mystérieux navire, le Typhaon. Elle se heurte
très vite à l'impassibilité, voir à l'hostilité d'un
équipage étrange. Elle même tourmentée par le drame qu'elle
vient de vivre, elle n'obtient aucune réponse à ses questions :
tout au plus, le capitaine et ses hommes semblent ils chercher
quelque chose sur les flots... Mais quoi ?
J'adore
Sorel, aussi ne suis je donc pas complètement objectif. Il
n'empêche qu'il s'agit là d'un des plus beaux albums de cette
année 2000. Sorel met en images un scénario magnifique et
angoissant, aux accents lovecraftiens prononcés, mené par un
beau personnage de femme. Le but des hommes du Typhaon reste un
mystère, mais l'on piaffe d'impatience de le connaître. Les
planches de Sorel, avec sa technique d'encrage, font une fois de
plus merveille.
Vlad, T1 : Igor mon frère
Swolfs et Griffo, Lombard 3ème vague
Boaf...
Oui, je sais, c'est un peu court, mais c'est à peu près tout ce
que m'inspire cet album. Le décor pourtant, en est sympathique :
Vlad, ancien militaire, zone dans une Russie désagrégée et
maffieuse, en cette année 2050. Mais l'histoire n'exploite pas ce
vivier, se contentant d'un récit très classique avec des petits
de cyberpunk bateau dedans.
Vlad,
donc, apprend qu'il a hérité d'une fortune. Pour la toucher, il
lui faut mettre la main sur son frère jumeau, Igor, qui a
disparu. Il se lance donc dans une enquête périlleuse et se
heurte à la mafia russe, avec qui Igor s'était semble t'il
acoquiné avant de disparaître sans rembourser ses dettes...
Désolé de casser le suspens, mais Vlad ne retrouvant pas son
frère à la fin de cet album, il faudra attendre le suivant. Sans
moi... dessin approximatif et scénario naze me font passer la
main.
Carmen Mc Callum T.5 : "Deux ex machina",
Gess et Fred Duval, Delcourt
Suite
et fin de l'affaire Earp dans ce cinquième volet des aventures de
la belle Carmen... Alors qu'elle vient de capturer le milliardaire
recherché par l'ONU, celui ci annonce qu'il s'il n'est pas de
retour sain et sauf dans son bureau, des millions
de nano-robots bouffeurs de viande humaine seront lâchés sur
plusieurs villes américaines
Toujours
aussi efficace, Carmen Mc Callum se jette une fois de plus dans
une aventure techno débridée, sur fond de course contre la
montre. C'est toujours du très bon cyberpunk, parfaitement
maîtrisé, mâtiné cette fois par des aspects "film
catastrophe" assez sympathiques. Le niveau graphique, qui
n'avait cessé de s'élever durant la première trilogie, a
atteint ici sa vitesse de croisière. La collection "Série
B" de Delcourt n'a jamais aussi bien porté son nom : c'est
bourré d'action et de gros flingues et ça se lit d'une traite
sans reprendre son souffle.
Nestor
Burma,
"M'as tu vu en cadavre ?"
Tardi d'après Leo Malet, Casterman
Sous
la plume inspirée de Tardi revisitant les "Nouveaux
mystères de Paris", Burma n'a pas fini d'arpenter le pavé
parisien, traînant avec lui sa sale trogne, sa mauvaise humeur et
son humour désabusé. On est loin de la série télé avec Guy
Marchand et Pierre Tornade. Bien au contraire, c'est ici le style
acerbe et gouailleur de Léo Malet qu'on retrouve dans les cases
de Tardi.
Paris,
octobre 1956. Un certain "Nikolson", artiste déchu et
désargenté de son état, vient frapper chez Burma, en quête de
la jolie Hélène, la secrétaire de notre détective. C'est le
début d'une sale enquête, avec au programme rancoeur, bassesse
et jalousie. Bref, c'est très bien ! Tardi est toujours aussi à
l'aise dans les ruelles parisiennes, et le tout est sans reproche,
même s'il ne s'agit pas de l'enquête la plus passionnante de
l'ami Nestor (j'ai un faible pour Brouillard au pont de Tolbiac).
XIII, T.14 : "Secret Défense",
Van Hamme et Vance, Dargaud
Avec
ce quatorzième volume, notre gars XIII repart en pleine forme
vers de nouvelles aventures. A t'on encore envie de le suivre ? A
la lecture de cet album sans intérêt, qui n'évite ni la redite
ni l'ennui, on se le demande franchement.
Sauvé
des griffes du gouvernement par une vieille ennemie, XIII devient
gibier dans une chasse à l'homme. Et puis une fois de plus,
toutes ses certitudes s'écroulent, et il ne serait pas celui
qu'il croyait être. On lui aurait menti ? Sincèrement, cette
aventure ressemble à un mauvais épisode de série télé. Guère
plus inventif (le coup de la chasse à l'homme, vu quinze cent
fois) et surtout guère plus passionnant, on referme l'album avec
un bâillement... Il n'apporte rien au "mythe"
XIII. Ca commence à sentir le manque d'idées, et c'est bien
dommage. Au dessin, Vance fait son job et pas beaucoup plus.
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