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Tous les James Bond

19 films officiels au compteur, un 20ème en route, et 2 films non officiels : joli palmarès pour l'agent le moins secret de la planète. Voici la liste complète et commentée de la plus longue saga du cinéma.

James Bond contre Dr No / Dr No

Si le premier Bond n'est pas le plus inoubliable, un peu handicapé par un scénario trop simpliste, il conservera toujours un mérite, celui d'ancrer le mythe, d'en tracer les lignes les plus reconnaissables, encore appliquées 30 ans plus tard.

007 débarque en Jamaïque pour enquêter sur la disparition d'un agent britannique. Il va se heurter au Dr No, membre de l'organisation SPECTRE, qui s'emploie à détruire des fusées américaines depuis son camp retranché sur l'île de Crab Key...

D'abord Sean Connery EST James Bond. Animal, violent (voir comment il abat froidement le Dr Dent, traître à la solde de No), le personnage est crédible dès sa première réplique, la fameuse " Bond, James Bond ". Il survit même au ridicule (exploit !) lorsque Sean pousse la chansonnette sur la plage, pour les beaux yeux d'Ursula...

Ursula justement, pose elle aussi un mythe : celui de la Bond girl, charmante, inutile à l'histoire, indispensable à la panoplie. Joseph Wiseman, dans le rôle du Dr No est parfait, et donne le La des méchants bondiens. Enfin le générique de Maurice Binder, et la musique de John Barry sont déjà là et ne bougeront plus. Le film sera un énorme succès, et fatalement " James Bond will return ".

 

Bons Baisers de Russie

C'est le Bond préféré des fans de Ian Fleming. Après la fantaisie ensoleillée de Dr No, Bond plonge dans une atmosphère très noire, au coeur d'une intrigue d'espionnage très réaliste, digne d'un film d'Hitchcock. Élément symptomatique : il n'y a pas d'explosion finale du repaire caché du méchant.

Le film est toutefois mémorable pour de nombreuses scènes, au premier rang desquelles se placent le combat à mains nues entre Red Grant (Robert Shaw, impressionnant) et Bond, dans un compartiment de l'Orient Express… Un grand moment de sauvagerie. Il s'agit aussi de la première apparition de Ernst Stavro Blofeld , chef du SPECTRE, désireux de se venger de Bond qui a tué l'un de ses agents, un certain Dr No… Outre Red Grant, deux autres adversaires hors pair traversent le film : Kronsteen, joueur d'échecs retors et manipulateur, et l'incroyable Rosa Klebb, presque un mythe à elle toute seule (elle a directement inspiré le personnage de Frau Farbissima, dans les Austin Powers).

Mine de rien, avec ses airs d'aller à contre courant de la voie tracée par Dr No, ce From Russia with Love finit d'asseoir le mythe, en le crédibilisant. Désormais, Bond peut se livrer à tous les excès…

 

Goldfinger

Après un From Russia with love louchant vers le réalisme, Goldfinger place définitivement James Bond sur la voie de la bande dessinée irréaliste mais trépidante. L'immonde Auric Goldfinger (Gert Froebe, excellent, devenu le méchant Bondien par excellence) ourdit un plan machiavélique : irradier l'or de la réserve fédérale américaine, gardée à Fort Knox, afin que la valeur de sa réserve personnelle s'envole…

Bien entendu, Bond ne l'entend pas de cette oreille. Définitivement à l'aise, impérial, Connery traverse le film et ses multiples rebondissements avec un détachement et un flegme inimitable. Pour la première fois, Bond utilise la magnifique Aston Martin DBV, amoureusement boostée par Q, avant de l'écraser contre le mur d'une usine suisse.

Mais ce n'est pas là la seule scène culte du film : celle ou Bond est attaché sur une table de métal, un laser se rapprochant dangereusement de son entrejambes, en est une autre, mondialement connue, maintes fois parodiée. Tout comme bien sur, la mort atroce de la jolie Jill Masterson, étouffée par la peinture d'or appliquée sur son corps nu. Rajoutons à cela le combat à mains nues entre Oddjob et Bond, et on obtient le " moule " Bond définitif.

 

Opération Tonnerre / Thunderball

Souvent cité comme le meilleur des Bond, Thunderball est en effet ambitieux. Le SPECTRE de Blofeld est de retour, et charge l'un de ses hommes de main, le dangereux Largo (Adolpho Celi, pas toujours très crédible), de dérober une arme nucléaire. Le chantage atomique peut commencer, James Bond n'aura que quelques jours pour l'enrayer.

Accumulant les scènes d'action impressionnantes, ce Bond va à cent à l'heure, au détriment peut être de la cohérence de l'intrigue. Mais le jeu en vaut la chandelle : la séquence de lutte sous marine, d'une violence extrême, en est un parfait exemple.

La recette est à présent immuable : de l'action, un zeste d'érotisme (la splendide Domino, qui se console bien vite de la mort de son frère assassiné par Largo dans les bras de Bond), une pointe de sadisme (Largo aime jeter ses proies aux requins et torturer ses compagnes avec une cigarette), de l'exotisme (en l'occurrence les Bahamas), et une fois encore, de l'action ! Ajoutez à cela quelques gadgets (Bond ouvre le film en s'échappant d'un château avec un réacteur dorsal) et le tour est joué.

 

On ne vit que deux fois / You only live twice

Toujours plus acharné, Blofeld (interprété cette fois par l'excellent Donald Pleasence), décide de provoquer une troisième guerre mondiale en volant des capsules soviétiques, chinoises et américaines grâce à un vaisseau spatial fantôme… L'enquête de 007, après qu'il se soit fait passer pour mort dans un prégénérique excellent (peut être le meilleur de la série), le mène au Japon, ou il fait équipe avec une belle espionne nippone.

On ne vit que deux fois est peut être le plus excitant des Bond. Encore plus que dans Opération Tonnerre, les séquences d'action les plus débridées se succèdent à un rythme fou, jusqu'à la géniale attaque finale du repaire de Blofeld, camouflé dans le cratère d'un volcan ! Si Connery semble se lasser quelque peu du rôle et assure le minimum syndical, le spectateur n'a guère le temps de s'ennuyer.

Une fraîcheur certaine (la transformation de Bon en pêcheur japonais et son faux mariage) et une pointe de poésie font leur apparition dans l'univers ordinairement cynique de Bond (la mort de la belle Aki, dans son sommeil, très émouvante). Mais la star du film est sans conteste la petite Nelly, hélicoptère miniature, avec laquelle 007 affronte les hommes du SPECTRE dans les airs… Le plus grand défi de Bond ne se posera toutefois qu'après la sortie du film (un gigantesque succès) : Connery met sa menace à exécution et refuse de tourner l'épisode suivant.

 

Au service secret de sa Majesté / On her majesty's secret service

C'est l'inconnu (et australien) George Lazenby qui remplace Sean Connery. Le pari est risqué : Lazenby, pas mauvais au demeurant, est un acteur débutant, qui n'a malheureusement pas le charisme du 007 originel. Le galop d'essai sera aussi le dernier : le film est un semi-échec commercial, condamnant sans appel la carrière de Lazenby sous les traits de l'espion britannique (et sa carrière tout court d'ailleurs). Le film est pourtant loin d'être un désastre.

007 retrouve Blofeld au sommet du Piz Gloria, dans les Alpes Suisses, ou celui ci tient une clinique de remise en forme pour jeunes filles fortunées. En fait, il hypnotise ses patientes afin d'en faire de parfaites petites espionnes. Pour le déloger de son nid d'aigle, ce qui nous vaut une superbe séquence d'attaque en hélicoptère, Bond s'allie à Draco, sorte de parrain maffieux, dont au passage, il épouse la fille, Teresa (Diana Riggs, Miss Emma Peel herself, sublime). Au final, Teresa Bond ne survivra que quelques heures à son mariage, abattue par un Blofeld revanchard… Une fin atypique pour un Bond à part.

Le film vaut aussi par de très bonnes séquences d'action : poursuites en voiture sous la neige ou séquences à ski. Si Telly Savalas est loin de convaincre en Blofeld, Lazenby, superbement épaulé par Diana Riggs se débrouille bien mieux, sans toutefois atteindre, il est vrai, la décontraction de Sean Connery. Mais rien n'y fait, et le public rejette l'acteur.

 

Les diamants sont éternels / Diamonds are forever

C'est, surprise, Sean Connery, convaincu par un gros chèque, qui reprend le flambeau et la traque de Blofeld, dans ce Bond assez faible. La séquence d'ouverture voit 007 poursuivre Blofeld au bout du monde pour venger la mort de Teresa et le tuer, avant d'entamer à Las Vegas une nouvelle mission tournant autour d'une histoire vaseuse de vol de diamant. Manque de chance, c'est encore et toujours Blofeld, adepte forcené du clonage de sa propre personne, qui se cache derrière cette machination pas très convaincante. Le but en est à peu près (le film n'est pas très clair) la création d'un satellite équipé d'un laser, histoire d'extorquer quelques billions aux grandes nations.

Le film n'est ni très crédible, ni très excitant, et Charles Gray compose un Blofeld d'une grande vulgarité, qui ferait presque regretter Telly Savalas. Le décor flashy de Las Vegas ne procure guère de dépaysement.

Toutefois, quelques éléments Bondien relève le niveau : Tiffany Case, alias Jill St John, est une James Bond Girl délicieuse, l'une des premières à tenir tête à Bond. Très bons aussi, le couple de tueurs homosexuels, Mr Kidd et Mr Wint, qui s'en vont main dans la main après avoir éxécuté leur cible. Mais c'est bien peu. Le film se termine par un combat sur une plate-forme pétrolière, dans une longue séquence décousue et moche… A l'issue de ce retour guère concluant, Connery raccroche une fois de plus le walther PPK.

 

Vivre et Laisser Mourir / Live and Let Die

C'est Roger Moore, spécialiste de la série télé qui reprend le smoking de 007. Dès le départ, il ne tient pas la comparaison : mollasson, avec son visage de gentil garçon, il n'a ni la présence physique ni le charme animal de Connery. Certains disent même que le surfeur Lazenby était plus convaincant. Reste que le public saute le pas sans difficulté et accepte l'acteur britannique.

Incompréhensible, d'autant que Moore n'est pas aidé par un scénario inepte (de la cocaïne caché dans des régimes de banane !) et qui accumule les scènes crétines (palme au shérrif Pepper, qu'on croirait échappé de la série "Cours après moi shériff", ou d'un "Cannonball" avec Burt Reynolds…). Broccoli et Saltzman ayant perdu les droits d'exploiter les noms de Blofeld et du SPECTRE, ils se rabattent sur un méchant banal, Kananga, joué par un Yaphet Kotto assez risible. Il finira d'ailleurs très bêtement : après avoir avalé une capsule d'air comprimé, il gonfle et éclate. Jane Seymour ne fait pas non plus, il faut bien l'avouer, une James Bond girl très excitante. Enfin, le budget a été réduit drastiquement et cela se voit. Le côté couleur local exotique forcé (vaudou et compagnie) n'arrange rien, et 007 assure moyennement en pantalons pattes d'eph ! Roger Moore, malgré cet essai peu concluant, prend toutefois un abonnement pour le rôle.

 

L'homme au pistolet d'or / The Man with the Golden Gun

James Bond est la nouvelle cible de Scaramanga, un tueur professionnel surnommé " l'homme au pistolet d'or ", dont le plus grand plaisir est d'affronter des adversaires de haut rang dans son île transformée en terrain de chasse. Peu désireux d'attendre son exécution, Bond prend les devants et part à la rencontre de son futur assassin, joué par un excellent Christopher Lee, alias le plus célèbre des Dracula...

Le film se place un cran au dessus du précédent, mais n'arrive tout de même pas à convaincre. Malgré quelques scènes de très bonne tenue, l'affrontement au sommet ne tient guère ses promesses. Le film confirme surtout le virage amorcé par Vivre et Laisser Mourir : un James Bond adouci, plus conforme à l'image de boy scout de Roger Moore, faisant usage d'un humour ringard voir complaisamment beauf (grand retour du shériff Pepper, en vacances en Thaïlande, lamentable !). La grande époque semble bien loin, et certains vont jusqu'à prophétiser la mort de 007…

 

L'espion qui m'aimait / The spy who loved me

Mais c'est en pleine forme (dans les limites physiques que lui imposent Roger Moore, bien sur) que revient 007 dans ce qui est sans doute le meilleur Bond de l'acteur britannique. Le méchant est cette fois à la hauteur : il s'agit de l'affreux Stromberg (Curd Jurgens, excellent), magnat misanthrope amoureux des océans, désireux de débarrasser la Terre de l'humanité pour recréer une société sous-marine harmonieuse. Pour ce faire (réminiscence d'On ne vit que Deux fois) il capture un sous marin atomique russe et un autre britannique à l'aide d'un super tanker trafiqué. 007 mène donc l'enquête en compagnie de son homologue soviétique, la charmante Triple X (Barbara Bach, délicieuse).

Même si les temps ont changé (la moche Lotus Esprit a remplacé l'Aston Martin), le spectacle, très rythmé, est au rendez vous (l'attaque du pétrolier de Stromberg est un morceau d'anthologie digne d'un film de guerre, qui renoue avec la grande époque). Et le personnage de l'homme de main à la dentition d'acier, Jaws (Richard Kiel), fait beaucoup pour le succès du film. Très bien mené, ce 007 nerveux est une heureuse surprise, qui renoue avec le concept original d'un Bond plus violent, moins rigolard.

 

Moonraker

Malheureusement, Moonraker est loin de rééditer la qualité du précédent. La montagne (The best James Bond ever ! claironnait l'affiche) accouche en effet d'une vilaine souris. Le méchant, c'est Hugo Draxx (Michael Lonsdale, qui paie ses impôts). Copie presque conforme du précédent vilain, à l'exception près que lui, c'est l'Espace qui le branche. Il veut y recréer une humanité supérieure, à bord de sa plate-forme orbitale, après avoir débarrassée la Terre de ses occupants au moyen d'un gaz mortel.

007, au terme d'une enquête stéréotypée (un pays, une baston...) finit donc en apesanteur, à se friter à coups de laser. Eh oui, succès de Star Wars oblige, les producteurs ont cru bon de "rénover" le mythe en habillant Roger Moore avec un scaphandre en papier alu et en bricolant deux ou trois effets spéciaux à la limite du n'importe quoi. 007 finit donc l'aventure à poursuivre les méchants en navette spatiale.

Clou de crétinerie du film, Jaws, échappé de l'Espion qui m'aimait, affronte Bond avant de finalement rejoindre le camp des gentils… (explication : les gamins avaient beaucoup aimé le personnage d'où cette lumineuse idée des producteurs) !

 

Rien que pour vos yeux / For your eyes only

Après la débauche de Moonraker, ce 007 permet de souffler. L'histoire en revient à des proportions normales et réalistes, presque banales, dans les décors naturels magnifiques de la Grèce. Il n'est d'ailleurs pas sans rappeler Bons Baiser de Russie. La chasse s'organise cette fois autour d'un appareil de cryptage, que toutes les nations du monde aimeraient posséder. Bond s'allie à la belle Melina Havelock, dont le méchant de l'histoire, Kristatos (très bon Julian Glover) a tué les parents.

Roger Moore assure mieux que dans le précédent Bond, et si l'humour crétin est toujours présent (Bond au volant d'une 2CV, on croit rêver), le personnage de 007 retrouve tout de même une certaine noirceur bienvenue. Ainsi, il n'hésite pas à exécuter froidement un adversaire en faisant basculer sa voiture en équilibre instable en haut d'une falaise. Aux côtés de 007, la très froide Carole Bouquet manie l'arbalète avec une belle adresse dans le rôle de Melina. Pas très naturelle, mais si belle. Enfin, le "climax" du film est sans conteste la scène ou Bond grimpe un à pic sur une île grecque pour pénétrer le repaire du méchant. C'est sans conteste le Moore le plus réussi après L'espion qui m'aimait.

 

Octopussy

Après avoir tenté de suivre Star Wars, c'est peut être plus du côté d'Indiana Jones qu'il faudrait rechercher l'inspiration de ce nouveau Bond. En tout cas, il louche directement du côté des vieux sérials d'aventure, avec son Inde de pacotille, ses poursuites dans la jungle, sa scène du marché et son méchant maharadjah, Kamal Khan (Louis Jourdan, très classe) allié à un général russe ivre de pouvoir. L'enjeu : un engin nucléaire qui risque de détruire Budapest. Au cours de cette course contre la montre, 007 se heurte à la belle Octopussy, fille d'un homme qu'il a lui même traqué (lien subtil avec l'oeuvre de Fleming et la nouvelle du même nom…), qu'il finit pourtant par rallier à sa cause.

Octopussy reste un Bond plaisant, mais malheureusement handicapé une fois de plus par la présence de Roger Moore (qui atteint vraiment la limite d'âge : on voit plus sa doublure que lui) et son humour toujours aussi vaseux (007 imitant le cri de Tarzan en se balançant au bout d'une liane… Il fallait oser). Pourtant, sorti au même moment que le Bond "non officiel" Jamais plus Jamais, qui lui est bien supérieur, Octopussy ne souffrira pas de la comparaison au box office. Va comprendre…

 

Dangereusement Vôtre / A view to a kill

Le dernier Bond de Roger Moore ne relève pas beaucoup le niveau, malgré de nombreux atouts. Tout d'abord la présence dans le rôle du méchant Zorin du génial Christopher Walken, absolument impeccable en allumé de premier ordre, fruit d'une expérience biologique orchestrée par un ancien nazi ! Il est secondé par l'impressionnante MayDay (alias Grace Jones), un vrai fauve auquel le scénario réserve malheureusement un sort idiot (elle devient gentille in extremis et se suicide pour sauver Bond !). Figurent aussi au générique la jolie Tanya Roberts (qui ne fait pas grand chose d'autre qu'être jolie) et l'excellent Patrick MacNee (John Steed lui même) dans le rôle de Tibbet, un agent britannique que Zorin fait tuer très (trop) rapidement.

L'enjeu du film, assez obscur, est la destruction de la Silicon Valley par Zorin, et si des scènes d'action parfois excellentes sont au rendez vous, elle n'évitent pas toujours le ridicule. Ainsi, lorsque 007 visite Paris, la poursuite commence avec brio sur la Tour Eiffel. Mais elle est vite gâchée lorsque Bond saute dans une R11 qui perd un à un ses morceaux et finit sans toit, sur deux roues… Ca ressemble à une mauvaise comédie française avec Louis de Funès.

Roger Moore raccroche donc, et le dilemme concernant le nouvel acteur se pose, une fois de plus...

 

Tuer n'est pas jouer / The living Daylights

C'est au sanguin Timothy Dalton que revient le rôle. Vigoureux, il fait bonne figure dans les nombreuses scènes d'action du film. Il faut dire qu'il a quelques années de moins que papy Moore. Sans le charme de Connery ou le flegme rigolard de Moore, il incarne un Bond monolithique, aux mâchoires serrées, à une époque ou 007 a fort à faire pour reconquérir sa place au milieu des nouvelles stars de l'action (Schwarzenneger et compagnie). Au final, Dalton n'est pas déplaisant dans le rôle, retrouvant même avec une certain bonheur la violence et la brutalité du personnage originel.

Un peu embrouillé, le scénario entraîne 007 en Afghanistan dans une intrigue pas très originale mêlant espionnage, trafic de drogue et ex-généraux russes. Les services secrets britanniques sont en effet abusés par le général Koskov (Jeroen Krabbe, méchant plutôt quelconque), que Bond récupère en Allemagne de l'est. L'indispensable James Bond Girl est cette fois la palôte Maryam d'Abo. Si le film n'est pas le plus excitant des Bond, il a l'avantage indéniable de rompre totalement avec la "tradition Moore" : moins de blagues, plus de noirceur et de réalisme.

 

Permis de Tuer / Licence to Kill

Permis de Tuer joue à la fois la carte de la tradition et de la rupture. Tradition, car le scénario tente de renouer avec le texte de Fleming, en parsemant de références un scénario fantaisiste. Ainsi, Felix Leiter, l'ami de toujours de Bond, est-il férocement mutilé par le dangereux Sanchez, trafiquant de drogue de son état, qui le livre aux requins, référence directe à Fleming. 

Rupture, car Bond, désireux de venger son ami, fuit les services secrets britanniques pour exercer sa propre vengeance. Ce Bond nouvelle formule joue de plus la carte du spectaculaire façon blockbuster à la Joel Silver (voir la scène de poursuite en camion citerne, explosive !) et de l'action à tout crin.

Plus vraiment un Bond, pas vraiment un Arme Fatale, le film a du mal à trouver ses marques, mais reste très plaisant. Robert Davi assure en brute infâme, et le film aligne deux des plus belles Bond girls de tous les temps : Talisa Soto et surtout Carey Lowell. Malgré ces atouts, Dalton donne son préavis de départ, et le film est loin d'être un carton monstrueux. Aucun successeur n'étant pressenti dans l'immédiat, Bond va connaître sa plus longue absence des écrans…

 

GoldenEye

James Bond fait peau neuve ! C'est l'impeccable Pierce Brosnan qui s'y colle, avec suffisamment de fougue et de charme pour faire oublier ses deux prédécesseurs. Ce nouveau Bond veut résolument s'inscrire dans son époque : 007 se fait traiter de "dinosaure issu de la guerre froide", ses méthodes ne cadrent plus avec le nouvel ordre mondial, et il enquête dans une Russie en pleine décomposition, loin du glamour habituel… Comble pour les bondomaniaques : M est une femme (Judi Dench) qui s'en sort d'ailleurs pas mal du tout.

Croyant affronter des militaires russes renégats, Bond s'aperçoit bien vite que derrière eux se cache un ancien collègue et ami, Trevellian, ivre de vengeance contre la couronne anglaise. Au milieu de scènes d'action moyennement réussies dans l'ensemble, le scénario tente d'humaniser Bond : il se pose des questions sur sa vie et son but, disserte sur ses motivations… Le résultat n'est pas vraiment concluant. Heureusement le film est sauvé par la dynamique Famke Janssen en méchante sadique. Tant mieux, car Sean Bean, le méchant en titre, fait plutôt pâle figure. Bond aborde donc les années 90 en demi teinte, et ne convainc pas vraiment. On sent pourtant un fort potentiel, emmené par un Brosnan assez à l'aise.

 

Demain ne meurt jamais / Tomorrow never dies

Décidant de ne pas suivre la voie éclairée par Goldeneye, 007 se relance dans le grand spectacle à foison. L'idée de base est excellente : Elliot Carver est un magnat de l'information, le pape du multimédia, à le tête d'un empire audiovisuel. Désireux d'augmenter ses parts de marché et son audimat, il décide de déclencher lui même une petite 3ème guerre mondiale en montant l'un contre l'autre le Royaume Uni et la Chine… Armé de ses satellites et d'un bateau furtif, il coule un bateau britannique et abat un MIG chinois. Au passage il vole une ogive nucléaire. L'apocalypse est en marche. Heureusement 007 s'interpose, et ne ménage pas ses efforts, aidé par une homologue chinoise, interprétée par l'athlétique Michelle Yeoh.

Le film fonce sans prendre un seul temps d'arrêt, empilant les scènes d'action et les invraisemblances. Le pauvre Bond n'a même plus le temps de se réconforter dans les bras d'une superbe créature : la seule Bond Girl " traditionnelle " est jouée par Terry Hatcher (la Loïs de la série Superman) et elle se fait assassiner après quelques scènes. Jonathan Pryce, quand à lui, se délecte de son rôle de Ted Turner démoniaque. Une chose est toutefois sûre : Bond peut encore rivaliser avec tous les blockbusters d'action. Savoir si c'est encore du Bond, c'est autre chose.

 

Le Monde ne suffit pas / The world is not enough

La mécanique semble maintenant bien huilée, même si Pierce Brosnan commence à claironner un peu partout qu'il veut arrêter de peur de s'enfermer dans le rôle. Bond est donc de retour dans un film qu'on nous promet tout aussi spectaculaire, mais plus équilibré que le précédent… Il est vrai que le prégénérique, une poursuite sur la Thames, plante le décor avec vivacité. Par la suite, l'intérêt retombe. Bond traque l'affreux Renard (Robert Carlyle), un terroriste qu'une balle placée en pleine tête par un agent du MI6 condamne à plus ou moins brève échéance. Quelques années plus tôt, il avait enlevé et torturé la jeune Elektra (Sophie Marceau), fille d'un magnat britannique. Bond décide de surveiller celle ci, persuadé que l'affreux tentera à nouveau de lui nuire. 

Ce que l'agent secret n'avait pas prévu, c'est que la jeune femme est à l'origine du complot, décidée à se venger de son père qui avait refusé de payer sa rançon. Ce ressort dramatique est vite éventé (d'autant plus que la presse ne parlait que de Sophie Marceau, nouvelle méchante du dernier Bond…). De ce fait, le personnage de Carlyle est à peine esquissé et sans réel intérêt. Sophie Marceau tente une fois de plus de "jouer" mais il faut bien avouer qu'elle a du mal… en tout cas à nous faire croire qu'elle a pu concevoir un plan aussi diabolique. Enfin, la pulmonaire Denise Richards se la joue Lara Croft dans un rôle de potiche. Sauvé par quelques scènes d'action, ce Bond accumule un peu beaucoup d'invraisemblances pour convaincre... On attend donc le vingtième avec impatience.

 

Jamais plus jamais / Never say never again

Nous sommes en 83 : mettant sa menace à exécution, le propriétaire des droits du roman Opération Tonnerre décide d’en réaliser un remake, au nez et à la barbe des producteurs « officiels », alors en pleine mise en oeuvre d’Octopussy.  Gros atout : Sean Connery accepte de revenir sous les traits d’un 007 vieillissant, mais bondissant, visiblement dix fois plus en forme qu’un Roger Moore de plus en plus fatigué. Le scénario se démarque de manière notable de celui de Thunderball sur la forme, tout en y restant très fidèle sur le fond. C’est bien sur le grand retour du SPECTRE et de son maître, Ernst Stavro Blofeld, campé par l’excellent Max Von Sydow. Son âmne damnée, Largo, est interprété par Klaus Maria Brandauer, parfait. Si la belle Domino (Kim Basinger) quitte Largo pour les bras de Bond, la superbe Fatima (Barbara Carrera) affronte 007 avec beaucoup d’aplomb, allant même jusqu’à l’humilier…  

Le film séduit par son rythme alerte, des scènes d’action enlevées et un humour bienvenu, qui au contraire des derniers Bond officiels, ne rend pas 007 risible. La première scène de combat qui voit 007 traverser une clinique de remise en forme sous les coups d’un colosse barbu est un morceau d’anthologie… Bien avant l’heure, ce Jamais plus Jamais est une sorte de renouveau du mythe Bond. Toujours désireux de réutiliser sa franchise, l'ayant droit menace régulièrement de recommencer : pour l'instant, il a seulement produit une série de dessins animés, James Bond Junior, de très basse qualité. Son projet Warhead 2000 (un seconde remake de Thunderball ! ) ne verra par contre jamais le jour, puisqu'il a été débouté par les tribunaux américains.

 

Casino Royale

2 pour le prix d'un ! Le premier roman mettant en scène Bond ne sera jamais adapté dans la série officielle, et l'on ne verra donc jamais son méchant, Chiffre. Mais il existe pourtant 2 adaptations de ce roman.

La première est une production télévisuelle des années 50, mettant en scène Barry Nelson dans le rôle de Bond, faisant de lui le premier 007 plusieurs années avant Sean Connery !

La seconde date de 1965. C'est un délire parodique et non sensique, complètement inracontable. David Niven incarne un James Bond dépassé par les événements. D'autant plus drôle que Niven fait partie des acteurs que Fleming aurait bien vu incarner l'agent secret dans la série officielle. Casino Royale a des effets assez tranchés : on aime ou on déteste cordialement...

 

 

 

 

 

 

 

 

Dr. No - 1962

 

 

 

 

 

 

From russia with Love - 1963

 

 

 

Goldfinger - 1964

 

 

 

 

 

Thunderball - 1965

 

 

 

 

 

You only live twice - 1967

 

 

 

 

 

Her Majesty's secret service - 1969

 

 

 

 

 

Diamonds are forever - 1971

 

 

 

 

Live and let Die - 1973

 

 

 

The man with the golden gun - 1974

 

 

 

The spy who loved me- 1977

 

 

 

 

Moonraker - 1979

 

 

 

For your eyes only - 1981

 

 

 

 

Octopussy - 1983

 

 

 

 

 

A view to a kill - 1985

 

 

 

 

The living daylights - 1987

 

 

 

License to kill - 1989

 

 

 

 

 

Goldeneye - 1995

 

 

 

 

 

Tomorrow never dies - 1997

 

 

 

 

 

The World is not enough - 1999

 

 

 

 

 

Never say never again - 1983

 












































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