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Wild
Wild West
Je ne sais pas pour vous, mais moi, en visionnant dernièrement un épisode des Mystères de l'Ouest, la série originale, je me suis demandé comment ces types avaient pu me flouser lorsque j'étais gamin : comment avoir réussi à me faire croire que James West était un héros indestructible tombeur de nanas incroyables alors que Robert Conrad est un nain ? Que les stratagèmes
d'Artemous Gordon étaient brillants et ses déguisements super forts ? Que les décors en carton pâte à la peinture pas encore
fraîche étaient vraiment de chouettes saloons, un coin de désert arizonien ou un train bourré de gadgets ?
Faut bien dire ce qui est, ces types là étaient forts. D'où sans doute le plaisir pris encore aujourd'hui à la vision des aventures des agents secrets du président Grant, même si les stratagèmes ci dessus mentionnés ne fonctionnent plus. Délicieusement
kitsh, la série ne se refusait aucune folie scénaristique, même la plus improbable, et enchaînait les bastons homériques. Les Mystères de l'Ouest, c'était le mariage parfait entre le western et sa mythologie, Jules Verne pour les savants fous, James Bond pour les gadgets, et les Avengers pour le délire coutumier des scripts. Un vrai rêve de gamin.
Aujourd'hui, Les Mystères de l'Ouest, Wild Wild West en VO, c'est le blokbuster de l'été, après avoir été passé dans la moulinette du transfuge des séries télé vers le grand écran. Remettre au gout du jour une série, encombrée de codes et de références, bien souvent datée, n'est pas une chose aisée et les déceptions se sont succédées : Les Avengers justement, massacrés par le tâcheron Jeremiah
Chechick. C'est ici Barry Sonnenfeld qui s'y colle, fort de son excentrisme cinématographique qui avait fait de La Famille Addams et de sa suite deux réussites.
Autant être franc, ce Wild Wild West là, c'est pas celui qui enchantait mes après midi de jeune téléspectateur... Pas un mauvais film, non, juste un truc hybride, très excitants par endroits, très décevants à d'autres, et au final pas vraiment abouti. West et Gordon, qui ne se connaissent pas encore, enquêtent en fait sur la même personne, le sinistre général rebelle Mc
Grath. Forcé de collaborer par leur chef suprême, le président Grant, les deux agents s'aperçoivent vite que derrière Mc Grath se cache le Professeur Lovelace
(Brannagh, exceptionnel), génie dérangé de la technologie, bien décidé à
mettre les USA sous sa botte… West et Gordon vont devoir unir leurs forces, et leurs méthodes...
Basé sur un scénario délirant et plein de promesses, forgé sur un univers alternatif Steampunk déjanté, le film de Sonnenfeld peine toutefois à assurer le spectacle de bout en bout. Wild Wild West est assez déséquilibré, manquant de vrais moments de bravoure, et le film donne l'impression de se chercher la moitié du temps. On y trouve en vrac de très bonne idées, du rythme, des effets spéciaux incroyables, mais aussi des répétitions et des voies sans issue (l'attaque sur l'araignée géante, répétée trois fois avec le même résultat, le personnade de Salma Hayek amorçant une intrigue secondaire qui ne prend pas, et qui la transforme en potiche sans qu'on comprenne bien ce qu'elle fait là...).
Dommage, d'autant plus que Will Smith (bonne surprise pour une fois) arrivé à jouer plus de cinq minutes sans devenir insupportable, que Kevin Kline est absolument parfait en Artemous Gordon, et que Kenneth
Brannagh, ahurissant, laisse libre cours à mégalomanie dans son rôle de cul de jatte illuminé. Reste quelques scènes réellement enthousiasmantes qui ne vous feront pas regretter le prix de votre billet, et un film à voir ABSOLUMENT en VO, la version française étant totalement à côté de la plaque.
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Un film de Barry Sonnenfeld
Avec : Will Smith, Kevin Kline, Kenneth Brannagh, Salma Hayek, Ted Levine Durée
: 1h44
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