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Le
Treizième Guerrier
Ahmed Ibn Fahdlan , jeune poète arabe, se voit contraint à l'exil pour avoir aimé la femme d'un proche du calife. Nommé ambassadeur auprès des peuplades barbares du nord, il entre en contact avec un groupe de guerriers vikings, dont le jeune roi,
Beliwyf, s'est vu appeler à la rescousse d'un royaume nordique assiégé par de féroces créatures qu'on dit démoniaques, les
Wendols... Répondant aux souhaits de l'émissaire, Beliwyf rassemble ses meilleurs guerriers et entreprend une longue expédition, à laquelle Ahmed, désigné par les prédictions d'un oracle, est contraint de participer... C'est ainsi que le raffiné poète musulman se retrouve partie prenante d'une quête furieuse, plongé dans une culture et des croyances qu'il a bien du mal à appréhender, confronté à des dangers qu'il ne se serait jamais cru capable d'affronter.
Aurons nous un jour le plaisir de voir sur grand écran la version définitive de la vision épique de John Mac
Tiernan, ou faudra t'il se contenter d'une édition vidéo ou DVD, voir même se résigner à ranger cet hypothètique film au rayon des fantasmes, aux côtés par exemple d'une version intégrale
d'Alien 3 de David Fincher ? Le 13ème guerrier (titre consensuel après que les executives de Disney ait trouvé trop dur le titre original de Eaters of the
Dead, pourtant celui du bouquin de Crichton) appartient en effet à cette race de films orphelins, désavoué par chaque partie ayant participé à son élaboration, qui accuse l'autre de l'avoir dépossédé de sa création.
Le 13ème Guerrier que vous verrez sur nos écrans français n'est donc pas celui de Mc
Tiernan, pas plus que celui de Michael Crichton, auteur du roman original, et sans doute pas non plus celui qu'aurait souhaité le studio. Au coeur d'un imbroglio juridique, le film voit même cohabiter deux bandes originales : celle de Jerry Goldsmith retenue sur la version diffusée en France, et une autre composition de Graemme
Revell, que celui ci espère bien voir éditée en dépit de son retrait du montage actuel.
Inutile de dire que le métrage actuellement diffusé souffre des remaniements incessants imposés par les résultats contradictoires des projections tests. On repère bien souvent des amorces scénaristiques qui se perdent dans le néant, ou des ellipses trop flagrantes. C'est principalement le début du film qui a subit d'importants dégâts : le départ de Ibn Farhad et sa rencontre avec les vikings, son choix par l'oracle et son acceptation de sa mission, tout cela est expédiée en 15 minutes, alors que l'on sent un gros potentiel inexploité. Toute cette partie, calquée par Chrichton sur les voyages du Ibn Farhad historique, aurait pu être passionnante. Le reste du récit souffre de cette exposition bâclée.
Malgré cela, le film arrive à conserver sa stature, son thème, son intelligence et sa force : c'est dire si la vision de Mc Tiernan était complète et aboutie. Dans cette version charcutée, Le 13ème Guerrier reste donc un beau et grand film, un rien bancal, mais traversé par des séquences d'une beauté fulgurante... Mc Tiernan a le sens de l'icône et de l'espace : un plan vertigineux sur un drakkar au creux d'une vague en pleine tempête, ou sur une caravane de chameaux en mouvement, et c'est notre imaginaire qui s'emballe. Les scènes de bataille, sauvages et furieuses, sont bien le point d'orgue du drame, au sens antique du terme, et alimentent directement la réflexion première de l'oeuvre : le passage de la réalité à la légende. L'une des plus belles idées reste en effet la volonté de Beliwyf de garder trace de ses exploits, d'où son intérêt et son respect pour la capacité de l'arabe à "dessiner les mots".
Pur film de spectacle, au sens noble du terme, ce 13ème Guerrier est également un récit initiatique prenant et profond. Il ne reste plus qu'à imaginer ce qu'aurait pu donner le film si le réalisateur avait pu aller jusqu'au bout de sa réflexion...

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Un film de John Mac Tiernan
Avec : Antonio Banderas, Diane Verona, Omar Sharrif
Durée : 01h40

Le
DVD Ce
film reste malheureusement maudit ! Il ne s'agit ici que de la
version commerciale, et pas d'une déjà mythique version
complète. Le
DVD ne propose donc aucun supplément digne de ce nom. Quand à
cette fameuse version "director's cut" aucune nouvelle.
Il semble bien qu'elle restera du domaine du fantasme
cinéphilique...
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